In Matth., XVIII, 6; cf. X
7. Sermo de baptismo, 6; cf. 1, % a. Il se peut qu'il s'agisse seulement ici de la concupiscence.
LA TllltOLOGIE LATINE AU IV' SIECLE. 279
sum in Adam, de paradiso eiectus in Adam, mortuns in Adam ; quomodo revocet, nisi me in Adam invenerit, ut in illo culpae obnoxium, morli debitum, ita in Christo iustificatum ^? » Ici la solidarité de tout homme avec Adam n'est plus seulement dans la peine : elle est dans la faute : lapsus sum, culpae obnoxium. Et ailleurs : « Antequam nascamur, maculamur contagio; et ante usuram lucis, originis ipsius excipimus iniuriam, in iniquitate concipimur : non expressit utrum parentum an nostra. Et in delictis générât unumquemque mater sua, nec hic declaravit utrum in delictis suis mater pariât, an iam sint et aliqua delicta nascentis. Sed wide ne utrumque intellcgendum sit. Nec conceptus iniquitatis exsors est, quoniam et parentes non carent lapsu. Et si nec unius diei infans sine peccato est, multo magis nec illi ma terni conceptus dies sine peccato sunt-. « 11 est difficile de se rapprocher plus de saint Augustin que ne le fait ici saint Ambroise.
Mais voici qui anticipe non plus seulement la doctrine, mais le langage de l'évêque d'Hippone. L'Ambrosiaster commente le verset 12 du chapitre v de l'épître aux Romains : « In quo, id est in Adam, omnes peccaverunt. Ideo dixit in quo cum de muliere loquatur, quia non ad speciem retulit sed ad genus. Manifestum itaque in Adam omnes peccasse quasi in massa ; ipsa enim per peccatum correptus, quos genuit, omnes nati sunt sub peccato. Ex eo igitur cuncti peccatores, quia ex eo ipso sumus omnes. » On remarquera dans ce texte les mots in quo traduisant Itp' tl) : c'est la traduction qu'adoptera saint Augustin ; et lui aussi parlera de la massa perditionis. Il est vrai que l'Ambrosiaster ajoute que, si la première mort nous atteint en
\. De excessu fratris sui Salyri, II, 6. 2. Apologia proph. David, 50.
conséquence du péché d'Adam, la seconde mort — l'enfer — ne nous sera infligée que pour nos péchés personnels, mais il dit cependant que la malédiction qui, dans le principe, ferma le ciel à Adam s'est trouvée étendue à tous les hommes. Si donc le péché originel ne nous précipite pas par lui seul en enfer, il nous exile au moins du ciel.
L'Ambrosiaster a écrit sous Damase (366-384)*. Après lui et avant saint Augustin nous ne trouvons rien de plus net sur le péché d'origine. Saint Jérôme en énonce clairement la doctrine à la fin de son dialogue contre les pélagiens, m, 18. Mais ce dialogue est de la fin de l'année 415, et postérieur par conséquent aux premiers écrits antipélagiens de l'évêque d'Hippone dont il fait l'éloge.
La chute originelle cependant n'a pas détruit en nous la liberté, et le péché reste notre fait. Toutefois il nous est difficile de l'éviter, et bien que la chair ne soit pas l'auteur responsable, mais seulement l'organe du désordre voulu par l'âme, elle n'en coopère pas moins à l'iniquité 2. Nous ne saurions, sans la grâce, nous sauver. 11 ne paraît pas que nos auteurs requièrent cette grâce surnaturelle ou médicinale pour l'accomplissement de toutes les œuvres même moralement bonnes, ni, à plus forte raison, qu'ils considèrent les œuvres faites hors de la foi comme des péchés. Au contraire, saint Jérôme croit que, sans être chrétien, on peut mener une vie honnête, et il pense même que cette honnêteté est une préparation à recevoir la foi'. D'autre part, saint Ambroise ne condamne pas les vertus