Inpsalm. LXVIII, 23; LUI, 8; De Irinit., IX
Hilaire veut-il dire que le Verbe a dépouillé réellement sa nature divine? On l'a prétendu; mais il est clair par l'ensemble des textes que saint Hilaire entend la forma Dei de l'état glorieux qui convient à la nature divine et non de cette nature même, car il répète que, dans l'union, le Verbe n'a point perdu sa nature : « Evacuatio formae non est abolitio naturae... In corpore demutatio habitus et assumptio naturae naturam divinitatis non peremit, quia unus atque idem Christus sit et demutans habitum et assumens^ » On ne saurait songer non plus, comme l'a fait Borner, à une sorte de retrait dans le Père, au moment de l'incarnation, de la personne du Fils, laquelle aurait reparu au moment de la glorification. Hilaire en effet proclame, d'une part, que le Verbe avant et durant sa vie terrestre est la même personne^, et, d'autre part, observe que c'est à l'humanité et non au Verbe qu'est donnée après la résurrection la forma DeP. 11 faut donc conclure que la xivojatç pour notre docteur emporte simplement un renoncement momentané à cet éclat que nous nous représentons entourer la vie divine, nullement un renoncement aux prérogatives essentielles de cette vie.
C'est librement, et par un acte de sa puissance que le Verbe s'incarne''. Saint Hilaire analyse par le menu cet acte prodigieux. L'humanité prise par le Verbe est une humanité réelle^, particulière, numériquement une bien qu'elle résume dans le nouvel Adam toute Vhumanité^. L'évêque de Poitiers l'appelle céleste.
1. De trinit., IX, 14, 38, 51; X, 7, IG, 2ij; XI, 18; Fragm. ex opère histor., 11, 32; In psalm. LXVin, 2i; CXLTII, 7.