De trinit., X
6. De trinit., II, 2», 23; In psalm. LI, 16 LXVIII, 23; In Matth., II, 15; IV, 12.
caeleste corpus*. En quel sens? D'abord parce que l'âme de celle humanité a été créée par Dieu, c'est-àdire par le Verbe lui-même^; ensuite parce que Marie, encore qu'elle ait formé, comme les autres mères, le corps de son fils de sa substance, ne l'a pas formé par sa propre vertu, mais par la vertu du Saint-Esprit et du Verbe'; et enfin parce que le Verbe est encore intervenu pour unir ensemble le corps et l'âme qu'il devait prendre*. Ainsi tout vient du ciel en Jésus, bien qu'il soit homme : « Et homo est, et de caelis est^. » Cela n'empêche pas son humanité d'être passible; mais Uilaire enseigne et répète qu'elle ne l'est que par miracle et par une volonté positive du Verbe. Par suite de son union avec le Verbe, de son impeccabilité, de sa naissance virginale, l'homme en Jésus devait être normalement impassible, affranchi des nécessités qui s'imposent aux autres hommes, aussi bien que des affections et des passions qui les émeuvent et qui les troublent®. Si donc, comme Hilaire l'admet d'ailleurs'^, Jésus a souffert, s'il a eu faim et soif, s'il a gémi et pleuré, c'est parce qu'il l'a voulu librement, soit que nous entendions par là un ordre réglé dès le principe et une fois pour toutes qui assujétit, malgré ses prérogatives, l'humanité du Christ aux lois communes à tous