HiLAiRE, Inpsalm. GXXI, 10; CXXIV, 3; CXXVin
2. V. sur ce point D. G. Moiun, « Sanctorum communionem », dans la Revue d'hist. et de littér. relig., IX, iDOi. J. p. Kmscu, Die Lehre von der GemeinschafL der Heiligen im christil. Alterthum, llayence. 1900.
Mais venons plus précisément à l'Église de la terre, à TEglise militante.
A l'occasion du schisme de Novat, saint Cyprien avait déjà proclamé avec force que cette liglise doit être une, et qu'elle est établie sur l'épiscopat groupé autour du siège de Rome. Le schisme donatiste allait amener saint Optât, puis saint Augustin, à préciser encore et à développer ces idées. L'ecclésiologie latine est, en grande partie, une création des africains.
On se rappelle quelle était, sur l'Église, l'erreur des donatistes. Confondant le corps et l'âme de l'Église, l'église visible et l'église invisible, ils prétendaient, comme les novatiens, que l'Église même visible ne pouvait comprendre que des justes, et que le péché grave suffisait à en exclure. La grande marque de l'Église pour eux était la sainteté. Cette sainteté, ils ne la trouvaient naturellement que dans leur secte : celle-ci était donc la seule vraie Église.
L'évêque Parménien, combattu par saint Optât, avait cependant énuméré quelques autres caractères ou notes de la vraie Église : c'étaient 1° la chaire, c'està-dire le siège épiscopal ; 2° Vange, c'est-à-dire le fait de posséder un évêque légitime, ou, d'une façon plus générale, le pouvoir de dispenser les choses saintes ; 3° V Esprit donné aux chrétiens par Dieu ou par ses ministres; 4° la source {/ans), par où il faut entendre la vraie foi, ou peut-être le baptême dans lequel on la professe; 5° le sceau on Vanneau [sigilluni, annulus), probablement le baptême qui scelle la vraie foi et en marque le croyant; 6" enfin Vomhilic, c'est-à-dire l'autel, la vraie eucharistie ou le vrai culte'. Optât rejette ce dernier caractère comme note de la vraie Église (il, 8] ; il accepte les cinq autres, et s'efforce de mon-