OPTAT, II
trer qu'on ne les trouve que chez les catholiques ; mais toute sa façon d'en traiter montre avec évidence qu'il reconnaît surtout deux grandes notes de la vraie Église, la catholicité et l'unité.
La catholicité : « Ubi ergo erit proprietas catholici nominis, cum inde dicta sit catholica, quod sit rationabilis etubique diffusa? » (ii, 1). L'Eglise doit être catholique, parce que Dieu a promis à son fils l'héritage de toutes les nations, et que c'est par l'Eglise que le Christ en devient le maître. « Concedite Deo ut hortus eius sit longe lateque diffusus » (ii, 11).
L'unité. Saint Optât distingue avec soin entre le schisme et l'hérésie (i, 10, 12, etc.). Celle-ci altère le symbole et va contre la foi; celui-là rompt l'unité de la communion et détruit la charité. Or, cette unité de son Église, Jésus-Christ l'a voulue. Pour cela il a fait de Pierre le prince des apôtres ; il lui a donné à lui, le premier, la chaire épiscopale de Rome, à lui seul le pouvoir des clefs. C'est en cette chaire unique — c'està-dire par la communion avec elle — que l'unité doit être gardée; qu'elle devait être gardée par les apôtres mêmes qui ne devaient point élever chaire contre chaire, la leur contre celle de Pierre, puisque au fond il ne doit dans l'Église y en avoir qu'une. Ce pouvoir des clefs, conféré à Pierre, devait être communiqué aux autres apôtres, mais d'abord il l'a reçu seul : a Igitur negare non potes scire te in urbe Roma Petro primo cathedram episcopalem esse conlatam, in qua sederit omnium apostolorum caput Petrus; unde et Cephas est appellatus : in qua una cathedra unitas ab omnibus servaretur, ne ceteri apostoli singulas sibi quisque defenderent, ut iamscismaticus et peccator esset qui contra singularem cathedram alteram collocaret » (ii, 2; cf. 6, 9). « Bono unitatis, beatus Petrus, cui satis erat si, post quod negavit, solam veniam con-
le Père produit le Fils et l'Esprit-Saint : « Unus motus utrumque in existentiam protulit » ; mais par ce mouvement le Père ayant donné au Fils tout ce qu'il a, — même de pouvoir se communiquer, — le Fils l'a donné à son tour à l'Esprit-Saint : « Et quia quae habet Pater filio dédit omnia, ideo et filius qui motus est, dédit omnia Spiritui sancto ' ». Et ainsi le Père reste toujours la source première; et il est vrai, en un sens, que ce n'est pas le Fils qui donne, mais le Père; mais cependant le Fils donne aussi, et produit comme principe subordonné : « Sicuti enim a gremio patris et in gremio filius, sic a ventre fîlii Spiritus^ ».
Le rôle du Saint-Esprit dans la vie intime de Dieu est d'être le lien des deux autres personnes. Cette pensée de Zenon de Vérone ^ est fortement inculquée par Victorin. L'Esprit-Saint est « patris et filii copula » : « Primo connectis duo, esque ipsa tertia complexio duorum ■• », Avec lui la Trinité est complète. La formule latine qui en exprime le mystère est et reste celle de Tertullien : una substantia, très personae : « Très personas unius substantiae et unius divinitatis confitentes ^ », personnes qui n'ont qu'une vertu, une opération, une volonté, un pouvoir comme elles n'ont qu'une substance ^. Saint Jérôme écarte, comme suspecte d'arianisme, la formule cappadocienne trois hypostases : le mot hypostase, à son sens, correspondant à essence "^ . En revanche, au mot per^