De sacramentis, IV
tel est « sedes et corporis et sanguinis Christi » ; les calices sont « Christi sanguinis poriatores ^ ». Saint Hilaire a eu souvent l'occasion de s'expliquer sur ce pointai mais ses textes capitaux se trouvent au De trinitatey vin, 13, 14, 16. Il y veut prouver l'unité physique et non pas seulement morale du Fils avec le Père par l'union physique et naturelle du Verbe avec l'humanité dans l'incarnation, et par l'union physique et naturelle de Jésus-Christ avec nous dans la communion. Jésus-Christ est aussi véritablement en nous qu'il a véritablement pris chair « vere sub mysterio carnem corporis sui sumimus ». Puis, citant saint Jean, vi, 56, 57, Hilaire continue : « De veritate carnis et sanguinis non relictus est ambigendi locus. Nunc enim et ipsius Domini professione et fîde nostra vere caro est, et vere sanguis est. Et haec accepta atque hausla id effîciunt ut et nos in Christo, et Christus in nobis sit. Anne hoc veritas non est?... Est ergo in nobis ipse per carnem et sumus in eo ». Victorin et Zenon présentent des allusions, sans beaucoup pénétrer dans le sujet ^; mais saint Ambroise et l'auteur du De sacramentis sont aussi explicites que possible, et saint Jérôme ne leur cède pas sur ce point. Il écrit que l'évêque et les prêtres « Christi corpus sacro ore conficlunt"* »; qu'à la cène, Notre Seigneur était à la fois « ipse conviva et convivium, ipse comedens et qui comeditur^ », et que, dans l'eucharistie, nous recevons son corps et son sang^.