Dialog. contra luciferianos
4. Notons ici que la réconciliation des hérétiques validement baptl-
LA TlIliOLOGIE LATINE AU IV' SIECLE. 315
§ 9. — L'eucharistie ^.
On est frappé avant tout, quand on étudie la tradition latine du iv' siècle, de la netteté avec laquelle celte tradition affirme la réalité du corps et du sang de Jésus-Christ dans l'eucharistie. En ce point comme en beaucoup d'autres, la pensée de l'Occident est, si l'on peut ainsi parler, assise et fixée.
Ce n'est pas que l'on ne rencontre, dans saint Jérôme surtout qui est un érudit, des expressions vieillies depuis et devenues caduques. Ainsi, le calice est plein du type du sang du Seigneur (sanguinis eius impletur typus) ; la dernière cène est le type de la passion (in typum suae passionis) ; dans l'eucharistie, le corps et le sang de Jésus-Christ sont montrés (panis dominicus quo Salvaloris corpus ostenditur), sont représentés (repraesentaret) ; ce corps est l'Eglise présente « quae accipitur in fide, benedicitur in numéro, frangitur in passionibus, etc. ^ ». Le fragment du canon donné par le De sacramentis parlera aussi de l'offrande « qui est la figure du corps et du sang de Notre Seigneur' ». Mais ces façons de s'exprimer, qui s'expliquent d'ailleurs, ne détruisent pas la force du témoignage en faveur du réalisme, fourni par ces auteurs mêmes. Nous les retrouverons dans un instant. Pour saint Optât l'an-
ses en dehors de l'iiglise continua de se faire,' au iV siècle, en Occident, par rimposilioii des mains seule, accompagnée de l'invocation du Saint-Esprit (concile d'Arles de 314, canon 8, et Sirice, Epist. I, 2, P. L., xni, 4433).
1. V. p. Batiffol, Études d'histoire et de théologie positive, 2" série, 3» édit., Paris, 4906. G. Racschen, Eucharistie und Busssakrament in der ersten seehs Jahrhunderten der Kirche, Freiburg ira Br., 4908.
2. Adv. lovinian., \\, 47, cl. 5; In leremiam, XXXI, 40; In Matth., XXYI, 26; In Marc, XIV, 4T et suiv. Cf. Ambrosiaster, In epist, I ad Corinlh., Xf, 26.