In epist. I ad Corinth., XV
justes non plus que les impies ne seront pas jugés, puisque leur cas est manifeste : seuls les pécheurs subiront le jugement. Les premiers, transformés dans leur corps, entreront dans la gloire éternelle; les seconds iront aux tourments sans fin^ Quant aux pécheurs, même aux faux docteurs restés chrétiens, ils seront condamnés au feu, mais pour un temps seulement. Ils en sortiront un jour « soluto debito » , ils ne sont pas « perituri » mais « purgandi per ignem », et la raison en est qu'il doit leur être utile d'avoir cru au Christ, « ut ex aliqua parte operae pretium sit credidisse in Christum^ ». L'auteur étend même ce privilège aux anges déchus. Sur Ephésiens, m, 10, il assure que saint Paul a été choisi pour faire connaître aux Principautés et aux Puissances célestes les mystères de la sagesse de Dieu, « ut praedicatio ecclesiastica etiam his proficiat, et deserant assensum tyrannidis diaboli ». Bien plus, il paraît l'étendre aux philosophes qui ont connu Dieu par les lumières de la raison. Il n'y a en effet que les idolâtres proprement qui aient péché « in similitudinem praevaricationis Adae », et sur qui ait régné la mort. Les autres qui ont connu Dieu « sive ex traduce, sive indicio naturali », et qui l'ont honoré, s'ils ont péché, ont péché « sub Deo » et non « in Deum » qu'ils connaissaient comme j juge. Leurs fautes comportent donc quelque excuse^. Ainsi l'Ambrosiaster admet la durée seulement temporaire des supplices pour les pécheurs chrétiens, ou si l'on préfère, la doctrine du salut universel des chrétiens par la foi. Nous allons la retrouver dans saint Jérôme.