‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 266 sur 409 · De excessu fratris. II · texte numérisé non relu

De excessu fratris. II

mation que notre auteur paraît outrer parfois dans le sens origéniste^ mais qu'il maintient cependant dans de justes bornes : « Immutabuntur enim iusti in incorruptionem, manente corporis veritate^. »

La résurrection est suivie du jugement. En réalité, tous seront jugés, ou la sentence de tous sera confirmée. L'évéque de Milan, néanmoins, se conformant au langage admis de son temps, déclare que ni les justes, ni les impies — entendons les infidèles et les apostats — ne seront jugés : les premiers parce qu'ils n'auront pas à redouter la rigueur du jugement; les seconds parce que, d'après saint Jean, ils sont déjà jugés. Seuls seront jugés, c'est-à-dire examinés, les pécheurs, les chrétiens dont les œuvres n'ont pas correspondu à la foi'. Il y faut ajouter Satan, dont le jugement et le supplice sont différés iusque-là, et qui rôde, en attendant, sur la terre"*.

D'autre part ce jugement comporte ou entraîne immédiatement l'épreuve du feu. Un feu est devant les ressuscites, que tous absolument doivent traverser. C'est le baptême de feu annoncé par Jean-Baptiste, « in Spiritu Sancto et igné » ; c'est le glaive ardent du chérubin qui garde le paradis, et au travers duquel il faut passer : « Omnes igné examinabuntur ». « Omnes I oportet per ignem probari quicumque ad paradisum redire desiderant ». « Omnes », Ambroise n'excepte pas Jésus-Christ lui-même, ni les apôtres; les saints qui dès maintenant sont entrés au ciel, n'y sont entrés qu'à travers le feu du jugement^. Seulement, l'effet de ce feu sur ceux qui le traversent est fort différent sui-

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