De civit. Dei, VIII
Ai
Bien que saint Augustin, en effet, ait bataillé contre les ariens, et écrit contre eux quelques ouvrages de polémique, il aime à approfondir le mystère de la Trinité en quelque sorte pour lui-même et en dehors de toute controverse". Dans son exposé, il part non du Père comme source des deux autres personnes, mais de la nature divine une et simple qui est Trinité : « Unus quippeDeus estipsaTrinitas, et sic unusDeus quomodo unus creator^. » Ce Dieu un est Père, Fils et Saint-Esprit. Le subordinatianisme est ainsi ruiné par la base, tout ce qui est dit de Dieu étant dit de toutes et de chacune des personnes qui sont ce Dieu ^. Cette nature divine, que l'évêque d'Hippone appellerait plus volontiers une essence qu'une substance*, est individuelle et déterminée : elle est numériquement identique dans les trois personnes qui la possèdent ^. Bien plus, elle n'est pas un quatrième terme s'ajoutant aux trois personnes : elle est chacune d'elles, ou plutôt chacune de ces personnes est cette nature même considérée sous un certain aspect, et la Trinité n'est que cette nature considérée dans la totalité de ses aspects®. De cette unicité et identité de nature dans les trois personnes, saint Augustin tire les conséquences suivantes : 1° Ces personnes n'ont ad extra qu'une seule volonté et une seule opération : « Ubi nulla naturarum nulla est diversitas voluntatum '' » ;
1. Les ouvrages principaux de saint Augustin sur ce sujet sont les suivants : De Trinitate (400-416); Contra sermonem arianorum (418); Collaiio cum Maximino (428); Conlra Maximinum haerelicum (428); les lettres XI (380-385) et CXX (396-410), et De civitate Dei, XI, 10 (413- 426).