‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 282 sur 409 · EpiSl. CXX · texte numérisé non relu

EpiSl. CXX

7. Contra Maximinum, II, 10, 2; De Irinit., ll,9;Enchiridion, XXXVIII.

et le saint docteur en prend occasion de réformer la théorie des théophanies présentée par ses devanciers. Ce n'est pas le Verbe seul qui a apparu, mais toute la Trinité, mais Dieu; et il l'a fait non par lui-même, mais par des anges qui parlaient et agissaient en son nom, et, sous des apparences sensibles, se manifestaient aux hommes'. T Dans l'incarnation du Fils, l'acte qui a uni le Fils avec la nature humaine et qui l'a ainsi envoyé dans le monde est le fait de toute la Trinité ^. 3° Chacune des trois personnes est autant que les deux autres et que la Trinité entière, car elle possède la totalité de la nature divine et est Dieu qui comprend aussi les deux autres personnes : « Tantus est solus Pater, vel solus Filius, vel solus Spiritus sanctus quantus est simul Pater et Filius et Spiritus sanctus ^. » C'est la circumincession : « semper in invicem, neuter solus ' ». 4° Tout ce qui se rapporte, en Dieu, à la nature, et qui exprime quelque chose d'absolu doit être énoncé au singulier, puisque la nature divine, sujet de cet absolu, est unique ^.

Saint Augustin, au contraire des Grecs, a donc, en tête de son exposé trinitaire, affirmé que Dieu est rigoureusement un, et a tiré les conséquences de son affirmation. Ceci fait, la difficulté était d'éviter le modalisme et d'expliquer la pluralité réelle des personnes. Qu'est-ce donc que ces personnes qui sont réellement distinctes, et qui cependant ne divisent pas l'unité et la simplicité divine? Le saint docteur répond par la théorie des relations. Ces personnes sont des relations, relations qui ne se confondent pas avec la substance ou la nature, puisqu'elles ne sont pas quel-

i. De trinit., \U 1-2 suiv. ; lU, 2-2-27. a. De trinit., II, 8, 9.

Page 1