‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 285 sur 409 · De triait., VU, 1-4; XV · texte numérisé non relu

De triait., VU, 1-4; XV

rintelligence et la volonté (lib. x) ; — dans l'objet vu, la vision et l'attention du spectateur (lib. xi) ; — dans l'intelligence des enseignements de la foi, le souvenir que l'on en garde, et l'effort que l'on fait pour se les rappeler (lib. xiii); — enfin dans le souvenir, la connaissance et l'amour de Dieu, car c'est alors surtout que l'âme, naturelle image de Dieu par les trois facultés de mémoire, d'intelligence et de volonté, le devient plus encore par la pensée de Dieu qui vit en elle (lib. xiv). Le livre xv résume les précédents, et il semble, à un moment, que saint Augustin y veuille entreprendre une démonstration rationnelle de la Trinité; mais on n'y trouve que de simples analogies.

§ 4. — La création. Le problème du mal. Controverse manichéenne*.

Saint Augustin distingue comme deux moments dans l'acte créateur du monde : un premier moment où la matière première et les esprits sont produits dans une sorte de confusion : c'est l'objet des deux premiers versets de la Genèse; un second moment — moment d'organisation — où les êtres sont distingués et les espèces déterminées : c'est l'objet des versets 3 et suivants. Mais la matière première est proprement créée; le monde a été fait d'elle : elle-même sort du néant : « Etiamsi de aliqua informi materia factus est

1. Travaux : F. L. Grassmann, Die Schopfungslehre des hl. Augustin und Darwins, Regensburg, 1889. J. Cumstinnecke, Causalitdl und Entwicklung in der Metaphysik Augustin, Leipzig, 1891. E. Melzer, Die augustinische Lehre vom KausaLitàts VerhàUniss Gotles zur Welt, Neisse, 1892. K. SciPio, Des Aurelius Au(justimis Metaphysik in Rahmen seiner Lehre vom Uebel, Leipzig, 1886. G. Docais, Saint AU' gustin contre le manichéisme de son temps, Paris, 1893. F. Noirrisson, La philosophie de saint Augustin, Paris, i;<6o. J. Martin, Saint Augus tin. Pans, 1901. H. Weinand, Die Go lexidee der Grundzug der Weltanschauung des M. Augustins, Viderborn, 1910.

mundus, hacc ipsa fada est omnino de nihilo * ». Cette création vient immédiatement de Dieu : l'évêque d'IIippone n'admet pas que les anges aient le pouvoir de créer 2, Contre les origénistes il soutient qu'elle a eu lieu dans le temps. On objectait à cela que la création temporelle emportait en Dieu un changement, Dieu de non-créant devenant créateur. Il répond que tout le changement est du côté de la créature et non de Dieu : « Una eademque sempiterna et immutabili voluntate res quas condidit, et ut prius non essent egit, quamdiu non fuerunt, et ut posterius essent, quando esse coeperunt ^ ». De ces créatures et de ce monde Dieu portait éternellement en lui les archétypes et le plan'' : saint Augustin applique ici les versets 3 et 4 du chapitre i de saint Jean qu'il unissait de la sorte : « Quod factum est in ipso vita erat » ; tout ce qui a été fait était vie dans le Verbe, vivait en lui par l'idée qu'il en avait ^. Dieu toutefois réalise librement ces archétypes et ce plan des choses. Il n'avait pas en effet besoin du monde : il l'a créé par bonté pure, et pour communiquer les richesses de son être et de ses attributs**.

Mais Dieu ne crée pas seulement les êtres : il les conserve et les soutient dans l'existence. Conservation

i. De vera reîig., 36; Confess., XII, 8; De ftde et symbolo, 2.

2. Quaesl, in Heptaleuchum, 11,21. Les créations angéliques que l'on croit constater, par exemple dans les cas de magie, ne sont qu'apparentes : les anges ne font que mettre dans des conditions favorables à leur développement les germes premiers des êtres, germes d'abord créés par Dieu {De trinit., III, 14).

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