‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 289 sur 409 · De Genesi ad lill., II, 17; XI · texte numérisé non relu

De Genesi ad lill., II, 17; XI

Ainsi donc, en somme, la présence du mal dans le monde s'explique par l'infirmité même inhérente à toute créature, et par le jeu de la liberté des êtres supérieurs qui, pouvant éviter le péché, ne le font pas. 11 est vrai qu'alors le mal moral est puni par un mal physique; mais ainsi l'exigent l'ordre et la justice auxquels la volonté de Dieu ne saurait que se conformer : « Peccantes igitur in suppliciis ordinantur : quae ordinatio, quia eorum naturae non competit, ideo poena est; sed quia culpae competit, ideo iustitia est'. »

§ 5. — Angèlologie*.

On avait généralement admis dans l'Eglise latine avant saint Augustin que les anges avaient un corps plus ou moins subtil. Sans en faire un point de doctrine, l'évêque d'Hippone adopta aussi cette opinion qu'il jugeait plus conforme à l'Écriture^. Les démons possédaient avant leur chute un corps céleste; depuis, ils en ont un d'air humide et épais *.

Les anges ne sont pas éternels, ils ont été créés ^. Le saint docteur examine longuement s'ils l'ont été dans le temps ou avant tous les temps, puisque, ayant peut-être été créés les premiers, le temps n'a commencé qu'avec eux^. Mais cette question supposait tranchée celle du moment de la création des anges, et c'est sur quoi notre auteur n'était pas fixé. Il était

i. De natura boni, 7.

2. Travaux : A. Buandt, Sancti Augustini Hipponemis episcopi de angclis doclrina, I, Commentatio theologica, Paderborn, 1893.

3. Epist. XCV, 8; De civit. Dei, XXI, 1); Enarr. in psalm. LXXXV, 17; De Genesi ad litl., XII, C8; De agone c/iristiano, 34; Sermo CCXLII, 11 ; CCLMV, 6.

4. De Genesi ad litt., ni, 14, 15; XI, 17; De divinat. daemonum, 7; De civit. Dei, XXI, 10, 1.

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