EusÈBE, Conlra Marcellum, II
conde fois, en 338, il se rendit auprès du pape Jules, à qui il présenta une formule de foi que nous avons encore, et quil faisait suivre du symbole baptismal romain ' . Bien qu'il insistât beaucoup sur l'unité divine, Marcel en somme y dissimulait, ou peut-être y rétractait ses vues antérieures, et y confessait, en tout cas, le cuiiis regni non erit finis. Le pape et le concile de Rome de 341, envisageant tout au point de vue trinitaire et nicéen, jugèrent suffisantes ses explications et le déclarèrent orthodoxe-. Il fut également reconnu tel en 343 par le concile de Sardique, qui fit lire son livre en entier, et crut trouver que ce que les eusébiens lui reprochaient comme des erreurs positives n'était, dans la pensée de l'auteur, que des essais d'explications n'offrant rien de définitif^. Plus tard cependant, et surtout après l'apparition de Photin, les nicéens devinrent plus froids à l'égard de Marcel, et saint Athanase en particulier, s'il ne se sépara pas absolument de sa communion, ne le tint pas pour complètement innocent'. Les Cappadoc'iens lui furent beaucoup plus sévères^. En somme, il est fâcheux que le parti orthodoxe ait cru devoir le soutenir sans exiger de lui au préalable une répudiation précise et explicite des erreurs qu'on lui reprochait. Cette attitude fît le jeu des eusébiens, en leur permettant d'englober dans la même réprobation Marcel et ses amis.
Mais revenons à la suite des événements.