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comme un homme qui avait mérité par ses vertus d'être uni intérieurement au Verbe, et de devenir ainsi fils adoptif de Dieu*. Puisque le Verbe n'acquérait pas, par cette union, la personnalité qui lui manquait d'abord, le système, on le voit, revenait absolument à celui de Paul de Samosate.
Aussi n'y eut-il aucune difficulté entre eusébiens et orthodoxes sur la façon dont on devait apprécier les opinions de Photin, et les deux partis s'accordèrent à les condamner. Mais l'hétérodoxie de Marcel n'était pas aussi évidente. M. Loofs ne le juge pas sabellien, et rattache plutôt sa doctrine trinitaire à celle de l'école asiatique antérieure à saint Irénée^. Aux adversaires qui l'accusaient de revenir au paulianisme, en faisant de Jésus-Christ un homme en qui avait opéré rivÉpYEta SpaffTix/i, Marcel répondait en leur renvoyant leur accusation, et en affirmant que toute la divinité avait habité en Marie (jojaaTtxwç^. Il insistait aussi sur le lien intime (aûvtouiç) et permanent qui rattachait, en Jésus, le Verbe à la chair, par opposition à l'action transitoire et extérieure exercée par le Verbe dans les patriarches et prophètes de l'ancienne Loi'''. D'autre part, ses spéculations sur la cessation du règne du Christ avec la parousie n'étaient, en somme, que des hypothèses dont il ne garantissait pas la certitude ; et enfin, et surtout, il faut bien le dire, son langage était si peu précis qu'il se prêtait aisément à des interprétations très différentes.
Aussi, pendant que les eusébiens le condamnaient, les nicéens et Athanase le défendirent. Lui-même ne ■s'abandonna pas, et, banni de son diocèse pour la se-
1. Vigilii Tapsensis Contra arianos dialogus, I, 4 (P. L., LXH, 182) '2. Leitfaden z. Studium der DG-, 4« édit., p. 2i5.