‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 315 sur 409 · Epist. CLXXXVII · texte numérisé non relu

Epist. CLXXXVII

sacrement, la foi : les donatistes exigeaient de plus la sainteté au moins extérieure. Ni les uns ni les autres d'ailleurs ne distinguaient entre la validité et l'efficacité sacramentelle. Saint Augustin devait donc déterminerquelle part revenait, dans la production et l'action du sacrement, au ministre qui le donne, et dire si cette part était aussi grande que le prétendaient les adversaires. Mais il se trouvait dès lors entraîné aussi à déterminer sur ces mêmes points la part qui revient au sujet et au rite sensible. C'était la question de la validité et de l'efficacité sacramentelle dans toute son ampleur qui se posait devant lui. L'évéque d'Hippone Ta traitée en ayant spécialement en vue les deux sacrements du baptême et de l'ordre, objet particulier du débat avec les donatistes; mais les principes qu'il énonce, comme ceux d'ailleurs qu'on lui opposait, sont généraux et s'appliquent à tous les rites assimilables aux deux précédents.

Il distingue d'abord nettement la validité du sacrement de son efficacité ou du fruit qu'on en retire, distinction — il le remarque — dont l'omission avait causé l'erreur de saint Cyprien : « Non distinguebatur sacramentum ab efîectu, velusu sacramenti^ ». « Aliud est non habere, aliud non utiliter habere^. » Le sacrement peut donc exister, être valide, sans que le sujet reçoive la grâce qui devrait l'accompagner.

Or, pour la validité du sacrement ni la foi ni la sainteté du ministre ne sont requises. Saint Augustin établit cette proposition d'abord par cette coutume de l'Église de ne réitérer ni le baptême ni l'ordre à ceux qui, ayant reçu une fois ces deux sacrements, ont passé ensuite au schisme ou à l'hérésie, puis sont revenus à

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