‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 328 sur 409 · In loann. trait. XXVI · texte numérisé non relu

In loann. trait. XXVI

grand symbole de cette unité et qu'il n'y a rien qui en rende plus indigne que le schisme.

Or, en regard de ces textes — auxquels nous aurons l'occasion d'en ajouter quelques autres — il est aisé d'opposer bon nombre de passages de notre auteur, d'où se dégage avec netteté une doctrine réaliste dans son fond, mais trahissant d'ailleurs le souci de mettre bien en relief le fruit spirituel que le communiant doit retirer de la divine réalité qu'il reçoit.

Saint Augustin remarque d'abord que le pain et le vin eucharistiques ne sont pas naturellement un aliment mystique et un sacrement de religion : ils le deviennent par une consécration, une bénédiction, une sanctification : « Noster autem panis et calix, non quilibet... sed certa consecratione mysticus fit nobis, non nascitur^ » — « Non omnis panis sed accipiens benedictionem Christi fît panis Cliristi^. » Il faut l'opération du Saint-Esprit pour faire des éléments humains un si grand sacrement : « Cum per manus hominum ad illam visibilem speciem perducatur, non sanctificatur ut sit tantum sacramentum, nisi opérante invisibiliter Spiritu Dei^. »

Quel est l'effet de cette consécration et sanctification? Le voici : « Panis ille quem vidistis in altari sanctificatus per verbum Dei, corpus est Christi. Calix ille, imo quod habet calix, sanctificatum per v.erbum Dei, sanguis est Christi •*. » Les yeux du corps voient dans les éléments consacrés le pain et le calice du vin, la foi y saisit le corps et le sang du Christ : « Quod ergo videtis panis est et calix; quod vobis etiam oculi vestri renuntiant : quod autem fides vestra postulat in-

i. Contra Faustum, XX, 13.

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