De bono coniuy
contre ceux qui, sans aller contre ses lois strictes, en font un instrument de volupté * .
La concupiscence désordonnée qui accompagne l'acte conjugal est donc en soi un mal, et n'est justifiée que par le but de cet acte, la procréation des enfants. Elle est une conséquence du péché originel ; car, dans l'état d'innocence, les deux sexes se seraient unis sans doute pour multiplier le nombre des bienheureux — la mort n'existant pas ; — mais ces rapports auraient eu lieu uniquement sous l'empire de la raison, la volonté restant maîtresse des sens*.
Le polémique sur le mariage ainsi close contre les manichéens et les pélagiens, saint Augustin traite des deux propriétés qui conviennent à l'union conjugale : l'unité et l'indissolubilité.
L'unité est une conséquence de la fidélité réciproque, de la fides castitatis dont les lois de tous les pays font un devoir aux époux ^. Cette fidélité, si on l'entend complètement, n'exclut pas seulement la polyandrie, qui est contra bonum prolis'^ : elle exclut aussi la polygamie. Celle-ci a été permise aux patriarches afin de multiplier les enfants d'Israël ; mais la monogamte est plus conforme à l'institution primitive et au bien du mariage^. Aussi est-elle la loi du temps présent, au point que l'Église n'admet pas aux ordres même les bigames successifs; bien qu'ils n'aient pas commis de faute, ils ont cependant manqué en quelque façon à la loi du sacrement^.
De l'indissolubilité du mariage saint Augustin fait
\. De bono coniug., S, 6; De nupt. et concupisc, I, 17.
2. De nupt. et concup., I, 9, 24; De Genesi ad litteram, IX, 6, 8, 14, 16,