‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 338 sur 409 · De bono coniug · texte numérisé non relu

De bono coniug

D'où vient au mariage cette bonté naturelle? De son but et de ses résultats.

Son premier but est la génération des enfants, et c'est le seul qui légitime complètement l'union des sexes. Le second est l'aide que se procurent mutuellement l'homme et la femme, même quand le premier but ne peut plus être atteint : « propter ipsam etiam naturalem in diverse sexu societatem ». D'autre part, il résulte du mariage un certain calme, une certaine gravité introduite dans les rapports conjugaux par la pensée de la paternité : « Intcrcedit enim quaedam gravitas fervidae voluptatis, cum in eo quod sibi vir et mulier adhaerescunt, pater et mater esse meditantur. » Et quatrième avantage enfin, la foi que se gardent les conjoints et qui limite l'incontinence '.

Sur ces divers points saint Augustin se pose certaines questions dont plusieurs se rapportent plutôt à la morale pratique du mariage qu'à son côté spéculatif et dogmatique. Il faut cependant en signaler quelquesunes. Ainsi le désir d'avoir des enfants paraît à notre auteur si nécessaire pour justifier l'union sexuelle, qu'il se demande si le mariage contracté en dehors de ce désir « propter incontinentiam, solius concubitus causa » peut être appelé mariage ; et il répond : Peutêtre {fortasse non absurde), pourvu que les conjoints ne fassent rien pour éviter la procréation, et aient l'intention de rester unis jusqu'à la mort 2. En tout cas, l'œuvre de chair même entre époux recherchée pour le plaisir est faute vénielle : saint Augustin n'admet qu'avec de fortes réserves que le mariage soit établi ad sedandam concupiscentiam : il s'élève vivement

J. De bono coniug., 3, 4, 6.

Page 1