De civil. Dei, XX
5. Enchiridion, XCI, XCII; De civit. Dei, XX, 19 C. De civit. Dei, X, 14.
tême, ni la réception de Teucharislie, ni l'orthodoxie de notre foi, ni l'aumône toute seule qui nous sauvera ; c'est l'ensemble de notre vie et de nos bonnes œuvres ; et il n'y aura pas de condamnés au dernier jdur que les idolâtres et les infidèles.
En ce qui regarde la nature et la durée de la peine des réprouvés, saint Augustin n'est pas moins ferme, au moins sur les points qui appartiennent au dogme proprement dit. Ils souffriront d'une peine commune, Yalienatio a cita Dei*, à laquelle s'ajoutera une peine d'ordre inférieur, celle que nous appellerions la peine du sens. Bien que l'évêque d'Hippone ne veuille rien trancher absolument, il opine à voir, dans le ver rongeur dont il est question dans l'Évangile, les remords de la conscience, mais dans le feu, un feu réel et matériel qui torturera les damnés, hommes et démons, dans leur corps et dans leur esprit, ou, si l'on prétend que les démons n'ont pas de corps, qui les torturera dans leur être spirituel quamvis miris, tamen veris modis^. Ces peines seront différentes naturellement suivant la culpabilité de chaque réprouvé, et celle des enfants morts sans baptême sera mitissima omnium poena ^; mais pour tous elles seront éternelles. C'est une thèse sur laquelle le saint docteur est souvent revenu, précisément parce qu'il connaissait les résistances qu'elle rencontrait^. Non content de l'établir par l'Écriture — notamment par les textes de l'Apocalypse (xx, 9, 10) et de saint Matthieu (xxv, 41, 46) — et par l'usage de l'Église de ne pas prier pour les damnés, il s'est efforcé
i. Enehiridion, CXni.
S. D» civit. Dei, XX, 2-2; XXI, 9, 2; 10, 1, 2,
K. Enehiridion, XCUI, CXI, CXIII; De civil. Deu XXI, 16; De peccator. meritiset remiss., I, 21.
4. Enehiridion, CXICXIIJ; De civit. Dei, XXI, H; J3; 16; 18; 19-27. V. A. LzBAVJ, L'éternité des peines de l'enfer dans S.Augustin, Paris, 1912.
de justifier le dogme par la raison. Quant à l'opinion qui admettait un adoucissement graduel des tourments de l'enfer, sans lui être favorable, il ne la condamne pas absolument : « Poenas damnatorum certis temporum intervallis existiment, si hoc eis placet, aliquatenus mitigari. » — « Quod quidem non ideo confîrmo, quoniam non resisto *. »
Et cependant saint Augustin était amené par les textes de saint Paul, / Corinth., m, 11-15, et de saint Matthieu, xii, 32, à croire que certains péchés seraient pardonnes dans l'autre siècle comme en celui-ci^. Le premier de ces textes surtout sur le chrétien sauvé quasi per ignem, parce que, sur le fondement qui est Jésus-Christ, il a édifié du bois, de la paille, du foin, exerçait singulièrement sa curiosité'. Quels sont les chrétiens désignés ici? Il est assez facile de répondre : ce sont les fidèles qui, tout en gardant l'essentiel des préceptes de Jésus-Christ, sont trop attachés aux plaisirs des sens et aux affections permises ■* ; ceux dont notre auteur dit ailleurs qu'ils ont besoin de miséricorde, mais qu'ils n'en sont pas indignes ^. Ces fidèles devront expier leur trop grand attachement au monde, et c'est pourquoi « temporarias poenas alii in hac vita tantum, aMi post mortem, alii et nunc et tune, verumtamen ante iudicium illud severissimum novissimumque patiuntur® ». Certains d'entre eux expieront donc après la mort. Maintenant saint Paul parle de feu. Qu'est-ce que ce feu? L'évéque d'Hippone en a proposé diverses interprétations : il y a vu les tentations et les
1. Enchiridion, CXII, cf. CX; De civit. Dei, XXI, 24, 3. Mais dans l'Enarr. in psalm. CV, 3 : i Quis audacter dixerit? »