De eivit. Dei, XX, 6, 1, 2; 7, 2; 9, l
La fin du monde venue amènera la résurrection de la chair. Au temps de saint Augustin, cette vérité provoquait encore les objections des païens. Notre auteur les a rassemblées et s'est efforcé d'y répondre au De cii>îtate Dei,\\u, 12-20'. Tous ressusciteront, bons et méchants, élus et damnés^. Dans quelles conditions? D'abord la chair restera chair et ne deviendra pas esprit; le mot de corps spirituel employé par l'apôtre veut dire seulement que le corps sera alors affranchi des appétits et besoins grossiers et régi entièrement par l'esprit : « Erit ergo spiritui subdita caro spiritualis, sed tamen caro, non spiritus : sicut carni subditus fuit spiritus ipse carnalis, sed tamen spiritus, non caro^. » De plus le sexe sera conservé^; mais dans les justes, les défauts du corps disparaîtront, et les élus seront parfaitement beaux. Quant à ce qui se passera dans les réprouvés, inutile de s'en inquiéter^.
La résurrection universelle sera suivie du jugement. Tout s'y passera en un clin d'œil®, et la conclusion en sera le salut ou la damnation définitivement proclamés. On a vu plus hauf que, au commencement du v* siècle, une série d'erreurs s'étaient répandues dans l'Église d'Occident, qui représentaient le salut comme plus ou moins indépendant des bonnes œuvres, et qui niaient l'éternité des peines de l'enfer soit pour tous les réprouvés, soit au moins pour certaines catégories de pécheurs. Saint Augustin a réfuté les premières dans le De civitate Dei, xxi, 23-27 et dans le De fide et operibus, 21 et suivants. Ce n'est, enseigne-t-il, ni le bap-
1. Cf. Enchiridion, LXXXV-LXXXIX ; et Decivitate Dei, \XU, i; S.