Caelestius ap. Acgust., De gestis Pelagii
3. Jclie:* ap. Acccst., Contra Iulian. op. imp., n, 93; VI, 30; Caelestius ap. AuGDST., De gestis Pelagii, 23.
4. JtLiEN, ap. AuGi'ST., Contra Iulian. op. imp., VI, 27, 25; De peccaU merit. et remtss., I, 2.
Et il en faut dire autant de la concupiscence. Elle existait chez nos premiers parents comme chez nous, puisqu'ils ont péché précisément en désirant le fruit défendu. La concupiscence sexuelle notamment a été concréée par Dieu avec le corps ; elle a existé en Jésus- Christ, et c'est être manichéen que d'y voir un mal et la conséquence du péché*.
Bref, tout se résume dans ce mot de Celestius : « Quoniam infantes nuper nati in illo statu sunt in quo Adam fuit ante praevaricationem^. »
Restait toutefois une obscurité. Si rien n'est vicié chez nous, si nous sommes tels qu"Adam est sorti des mains de Dieu, et si le libre arbitre suffît pour éviter tout péché, comment se fait-il que nous tombions si aisément, et que le péché soit chose générale? Pelage n'en donnait pas d'autre explication qu'une longue habitude de pécher contractée dès l'enfance, et qui est devenue chez nous une seconde nature^. Il avouait d'ailleurs que les hommes sont « terrenis cupiditatibus dediti, et, mutorum more animalium, tantummodo praesentia diligentes"* »; mais de cette tendance impérieuse il ne cherchait pas la cause en dehors des actes isolés de la volonté libre : il ne voyait que des individus coupables et non pas une humanité universellement pécheresse.
Cependant, la négation du péché originel entraînait nécessairement un changement dans la façon d'envisager le baptême des enfants alors généralement pratiqué. Comment soutenir encore qu'il fût donné in remissionem peccatorum, puisque ces enfants étaient innocents? Aussi les pélagiens ne le soutenaient-ils
i. JuuEN ap. AuGusT., Contra Iulian. op. imp., I, 71; III, 212; IV, 45-64.