De Gen. contra manich., II
teur: toutefois il parle à Eve par l'intermédiaire d'un serpent réel dont il meut les organes pour lui faire articuler des mots réels '. Eve est trompée : Adam ne l'est pas, mais ne voulant pas se séparer de sa compagne, il consent à partager sa faute. Leur péché fut d'autant plus grand que la défense qui leur avait été faite était plus facile à retenir et à observer. Du reste, avant de désobéir extérieurement, ils s'étaient complus en eux-mêmes et avaient péché par orgueil : « Diabolus hominem non cepisset, nisi iam ille sibi ipsi placere coepisset^. »
Ce péché d'Adam s'est transmis à ses descendants : c'est le péché originel en nous. Nous savons par saint Augustin lui-même que ses adversaires l'accusaient d'avoir varié sur ce point et de n'avoir pas, dans ses œuvres de jeunesse, admis cette doctrine ^. Nous connaissons même les textes dans ce sens qu'on lui rappelait. C'étaient un texte du De vera religione, 27 ; deux autres du De Genesi contra manichaeos, ii, 43; deux passages du De lihero arbitrio, m, 49, 50; un texte àuDe duabus anùnabus, 12; un autre enfin des Acta contra Fortunatum, 21^. On remarquera que presque tous ces ouvrages sont dirigés contre les manichéens. L'auteur niait l'existence d'une nature mauvaise en soi, et s'appliquait à relever l'existence du libre arbitre.
L'évêque d'Hippone protesta vigoureusement contre les variations que lui imputaient ses adversaires, et soutint que, sur l'existence du péché originel, il avait toujours cru et enseigné ce que l'Eglise croit et enseigne^. Son assurance n'était pas vaine, et il est vrai