‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 381 sur 409 · Contra Iulian., ni, 9; V · texte numérisé non relu

Contra Iulian., ni, 9; V

3. De gratia Chr. et de pecc. orig., I, 2S, 8, 9, 13, 14; De pecc. merit. €( remiss., U, 26; De spir. et lilt., 5; Contra Iulian. op. imp., I, 9S.

vouloir libre et réfléchi, et enfin de l'action elle-même : « Quis istam etsi parvam dare coeperat caritatem, nisi ille qui praeparat voluntatem, et cooperando perfîcit quod opérande incipit. Quoniam ipse ut velimus operatur incipiens, qui volentibus cooperatur perfîciens... Ut ergo velimus sine nobis operatur; cum autem volumus, et sic volumus ut faciamus nobiscum cooperatur : tamen sine illo vel opérante ut velimus, vel coopérante cum volumus ad bona pietatis opéra nihil valemus^ »

Mais une distinction en un sens plus importante est celle que fait saint Augustin entre la grâce adiutoriuni sine quo non et la grâce adiutorium quo, autrement dit entre la grâce suffisante — mais qui peut devenir efficace — et la grâce efficace. Cette distinction est apportée à l'occasion d'un parallèle entre l'état d'Adam innocent et le nôtre. Adam même innocent ne pouvait persévérer dans le bien sans la grâce. Cette grâce, plus joyeuse et plus heureuse, mais moins puissante que celle qui nous est donnée, parce qu'elle n'avait pas à vaincre la concupiscence, le rendait capable de pratiquer la vertu et d'y persévérer, mais elle ne produisait pas en lui le vouloir et le faire, dépendants de son libre arbitre, lequel pouvait à son gré correspondre à la grâce ou la laisser inutile. Dans les prédestinés au contraire, en qui la liberté du bien est éteinte au sens indiqua pins haut, la grâce ne produit pas seulement le pouvoir faire, elle n'est pas un simple adiutorium sine quo non : elle produit le vouloir et le faire, elle est un adiutorium quo volumus et facimus : « Itemque ipsa adiutoria distinguenda sunt. Aliud est adiutorium sine quo aliquid non fit, et aliud est adiutorium quo aliquid fît... Primo itaque ho-

1. Et voyez aussi Enchiridion^ xxxii; cf. De natura et gratia, 35.

48i HISTOIRE DES DOGMES.

mini... datum est adiutorium perseverantiae non quo fieret ut perseveraret, sed sine quo par liberum arbitrium perseverare non posset. Nunc vero sanctis in regnum Dei per gratiam Dei praedestinatis non taie adiutorium perseverantiae datur, sed taie ut eis perseverantia ipsa donetur ' . »

On vient de voir que, même dans l'état d'innocence, Adam avait besoin, pour persévérer, du secours de la grâce ^. A plus forte raison, cette grâce nous est elle, à nous, absolument nécessaire. Nécessaire comme grâce médicinale, car sans elle, saint Auguslin l'a dit plus haut, l'homme ne peut que pécher : « Nam neque liberum arbitrium quidquam nisi ad peccandum valet, si lateat veritatis via : et cum id quod agendum et quo nilendum est coeperit non latere, nisi etiam delectet et ametur, non agitur, non suscipitur, non bene vivitur. Ut autem diligatur charitas Dei diffunditur in cordibus nostris^. » — Nécessaire pour que nous puissions croire les vérités de l'ordre surnaturel : « Quod ergo pertinet ad religionem et pietatem (de qua loquebatur Apostolus) si non sumus idonei cogitare aliquid quasi ex nobismetipsis, sed sufficientia nostra ex Deo est, profecto non sumus idonei credere aliquid quasi ex nobismetipsis, quod sine cogitatione non possumus, sed suffîcientia nostra qua credere incipiamus ex Deo est^. » — Nécessaire évidemment encore pour nous rendre capables de faire des actes surnaturels, et nécessaire comme grâce de lumière extérieure et comme grâce intérieure. C'est tout saint Augustin qu'il faudrait citer : « Quapropter ut in Deum credamus et pie vivamus non volentis neque currentis sed

\. De corrept. et gratia, 34, 29, 30 et surtout 32. i. Cf. Enchiridion, CVI; Epist. CLXXXVI, 37.

Page 1