Contra Iulian., IV, S
tend distinguer, entre les œuvres méritoires et les œuvres mauvaises, des œuvres « stérilement bonnes » qui ne constituent ni des péchés ni des actions que Dieu doive récompenser % saint Augustin repousse absolument cette distinction. Toute sa réponse serait à transcrire : « lustus ergo Deus et bonus bonos est in mortem missurus aeternam?... Ergo intellege quod ait Dominus : Si oculus tu us nequam est, totum corpus tuum tenebrosum erit; si autem oculus tuus simplex esly totum corpus tuum lucidum erit : et hune oculum agnosce intentionem qua facit quisque quod facit; et per hoc disce eum, qui non facit opéra bona intentione fidei bonae, hoc est eius quae per dilectionem operatur, totum quasi corpus, quod illis, velut membris, operibus constat, tenebrosum esse, hoc est plénum nigredine peccatorum'. » Et encore : « Nullo modo igitur homines sunt steriliter boni, sed qui boni non sunt pobsunt esse alii minus, alii magis mali^. » Dans ces textes, il est évident que saint Augustin exagère la nécessité de rapporter tous nos actes à Dieu comme à la fin surnaturelle connue par la foi.
Qui dit grâce dit quelque chose qui est un don et qui n'est pas dû au mérite. Aussi l'évêque d'Hippone répète-t-il sans cesse que les premières grâces nous sont accordées par pure miséricorde. Il n'avait pas toujours été dans ce sentiment, comme il l'avoué dans le De praedestinatione sanctorum, 7, et comme on le voit par le De diversis quaestionibus lxxxiii, question Lxviii, 4, 5, où il suppose en certains pécheurs des mérites cachés qui leur valent la justification, et fait de
1. • Ego sleriliter bonos dixi homines qui non propter Deum faciendo bona quae faciunt non ab eo vitam consequuntur aeternam • {.Contra luUan., IV, 33).