‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 395 sur 409 · De Deo, lib. IX, cap. t>-l · texte numérisé non relu

De Deo, lib. IX, cap. t>-l

cadrant mieux avec l'idée que se fait saint Augustin, d'après saint Paul, du domaine souverain de Dieu et de la pleine indépendance de ses décisions.

Saint Augustin en effet ne se contente pas de repousser l'erreur pélagienne qui représentait la prédestination comme conséquente à la prévision de mérites purement humains; il repousse encore cette opinion semi-pélagienne qui faisait dépendre le sort des enfants mourant avant l'âge de raison, leur baptême ou leur non-baptême, de la prévision du bien ou du mal qu'ils auraient fait s'ils avaient vécu. C'est là, de l'avis de l'évêque d'Hippone, une idée qu'on ne saurait raisonnablement soutenir. Les enfants, et en général les hommes seront jugés non sur leur conduite hypothétique, dans un ordre de choses qui n'a point existé, mais sur leur conduite réelle. Or les enfants qui meurent dès le berceau n'ont commis ni bien ni mal. Il est donc bien clair, pour ecx du moins, que ceux d'entre eux qui sont prédestinés l'ont été indépendamment de toute prévision de mérites : ils l'ont été ante praevisa mérita : « In eo ergo quod aliis eam (gratiam baptismatis) dat, aliis non dat, cur nolunt cantare Domino misericordiam et iudicium? Cur autem illis potius quam illis detur, Quis cognovit sensum DominiP Quis inscrutabilia scrutari valeat? Quis investigabilia vestigare^? »

En est-il autrement pour les adultes ? Non : saint Augustin insiste au contraire sur la parité qui existe à ce point de vue entre les adultes et les enfants. Pour les uns et les autres le pourquoi de leur prédestination est un mystère : nous savons seulement que Dieu n'est pas injuste ^. De plus la prédestination n'est pas l'eiTet

\, De dono persever., 27, 23, 31; De praedest. sanct., 24-29; Epist. CLXXXVI, n.

Page 1