‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 397 sur 409 · De dono persever · texte numérisé non relu

De dono persever

serait possible : Tévêque d'Hippone revient continuellement sur son absolue gratuité ^

Tous cependant ne sont pas du nombre des prédestinés : ce nombre est fixé d'avance et invariablement par la prescience et la puissance divine « ut ne addatur eis quisquam, nec minuatur ex eis '. » Quel est ce nombre? Saint Augustin a émis l'opinion qu'il était au moins égal à celui des anges déchus, et il ajoute qu'il sera peut-être supérieur, mais nous ignorons d'ailleurs le nombre des anges déchus '. En tout cas les élus seront en petit nombre relativement à ceux qui périssent : « Quod ergo pauci in comparatione pereuntium, in suo vero numéro multi liberantur, gratia fît, gratis ûi*. » Tous en effet devaient être condamnés à cause du péché d'origine, et c'est pourquoi Dieu n'en sauve qu'une bien moindre partie 5.

Mais alors Dieu veut-il sauver tous les hommes, et comment peut-il le vouloir puisque tous ne sont pas prédestinés? On sait comment la théologie actuelle répond à cette question. Dieu veut, d'une volonté antécédente, le salut de tous, et destine à tous pour ce but des grâces suffisantes. Malheureusement un certain nombre n'en profitent pas dont Dieu, en conséquence, ne veut pas le salut mais la punition. Pour les enfants qui meurent avant l'âge de raison, l'explication est plus complexe à fournir : les théologiens cependant s'accordent généralement à affirmer le fait.

Quelle est, sur ce point, la pensée de saint Augustin?

Cette pensée a suscité des controverses et n'est pas

4. Enchiridion, XCVIII, XCIX; Episl. CLXXXVI, 45; De dono persever^ 17, 36.

Page 1