Enchiridion, XXIX; De civit. Dci, XXII
4. De eorrept. et gr,, 28, 24; Episl. CXC, 12. 8. J)e eivit. Dei, xxi, 12.
SAINT AUGUSTliN ET LE PËLAGIANISME, 505
toujours claire *. Cela tient d'abord à ce que l'auteur ne fait pas explicitement les distinctions que nous avons signalées; puis à ce que, argumentant contre les pélagiens qui, au fond, n'admettaient pas en Dieu de volonté spéciale prédestinant les élus, il s'efforce de montrer qu'il y a effectivement en Dieu, par rapport aux prédestinés, une volonté qu'on ne trouve pas en lui vis-à-vis des réprouvés. La volonté absolue et conséquente est ainsi seule mise en relief, la volonté antécédente plutôt rejetée dans l'ombre. C'est surtout dans l'explication du texte de 1 Timothée, ii, 4, objecté par les adversaires, que se montre cette disposition : Qui omnes homines vult salvos fîeri, et ad agnitionem veritatis venire. Tantôt l'évêque d'Hippone l'explique dans le même sens que Omnes in Christo vivificabuntur , c'est-à-dire que, comme tous ceux qui seront vivifiés ne le seront que par le Christ, aussi tous ceux qui seront sauvés ne le seront que par la volonté de Dieu^. Tantôt il voit désignées par omnes les diverses classes d'hommes, princes, magistrats, ouvriers, etc., Dieu n'excluant personne du salut précisément à cause de sa condition ^. Tantôt il fait le même mot synonyme de multi^. Et tantôt enfin il explique le mot çult en ce sens que Dieu produit dans les prédestinés la volonté d'être sauvés, à peu près comme le Saint-Esprit est dit crier en nous Abba, Pater, parce qu'il nous le fait crier ^. Il est évident que dans tous ces commentaires, saint Augustin veut éviter le sens naturel et obvie du texte ®.
Est-ce donc qu'il nie en réalité la volonté salvifique