‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 400 sur 409 · Et voyez De dono persever · texte numérisé non relu

Et voyez De dono persever

de Dieu. Et ailleurs cependant, il affirme positivement que, comme les enfants sont morts en Adam, Jésus- Christ est mort aussi pour eux : « Ibi sunt et parvuli, quia et pro ipsis Christus mortuus est : qui propterea pro omnibus mortuus est quia omnes mortui sunt ^ »

Ces contradictions ne peuvent évidemment s'expliquer qu'en admettant que saint Augustin distingue en Dieu, sans assez le marquer, une double volonté, antécédente et conséquente. On en trouve l'expression un peu voilée, et à propos d'un autre objet, dans le De nuptiis et concnpiscentia, ri, 46, et dans l'ouvrage imparfait contre Julien, ii, 144.

La prédestination a pour contre-partie la réprobation. De celle-ci les théologiens actuels distinguent deux espèces ou deux degrés, la réprobation négative qui est la non-destination d'un individu à la vue de Dieu et à la gloire, en tant que fin surnaturelle qui ne lui est pas due ; et la réprobation positive qui est l'infliction de peines éternelles vindicatives, peine du sens et peine du dam considérée comme châtiment.

Cette distinction n'est pas faite dans saint Augustin. Sa théorie de la réprobation est nette. Tous les hommes ont péché en Adam, et par conséquent tous les hommes nés ou à naître ont, en principe, encouru la damnation. Ils sont une massa damnata, massa peccatiy massa perditionis. Cette damnation n'emporte pas seulement la privation de la vue de Dieu : elle emporte encore, comme on l'a vu pour les enfants, une peine positive du sens bien qu'assez douce.

De cette masse, saint Augustin le dit et le répète. Dieu aurait pu ne tirer personne, ne séparer personne : la condamnation était juste : « Etiamsi nulius inde liberaretur, nemo posset Dei vituperare iustitiam^. »

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