Contra lulian. op. imp., n, 17S; Contra Iulian., VI
2. Enchiridion, XCIX; De dono persever., 16; Epist. CLXXX, 21.
Mais, par pure miséricorde, il sépare de cette masse un certain nombre d'élus : ce sont les prédestinés. Lee autres ne sont pas séparés, ne font pas l'objet d'un choix particulier : ce sont les réprouvés : « Non sunt ab illa conspersione discret! quam constat esse damnatam^ » 11 semble, par l'ensemble du langage de notre auteur, que la réprobation se fait par prétention. 11 y a eu dans le principe un acte de la volonté divine condamnant le genre humain en conséquence du péché originel. Pour ceux qui ne sont pas tirés de la masse, un nouvel acte n'est pas nécessaire : Dieu prend les prédestinés, laisse les autres, appelle efficacement les premiers, non les seconds, donne à ceux-là la persévérance finale, non à ceux-ci 2. En quelques endroits cependant, il est question de prédestination à la mort éternelle^, et l'on verra plus loin comment on doit expliquer cette expression.
Et maintenant pour cette prétérition, Dieu, outre le péché d'origine, — qui suffit à justifier à nos yeux la conduite divine vis-à-vis des réprouvés — Dieu envisage-t-il ou n'envisage-t-il pas les démérites futurs personnels des non-prédestinés? C'est, on le voit, la question parallèle à celle de la prédestination ante ou post praevisa mérita. L'acte de prétérition divine est -il ante ou post praevisa démérita?
Pour les enfants qui meurent sans baptême, la réponse de saint Augustin est claire. Ici, aucun démérite, en dehors du péché originel, ne pouvait être prévu : le péché originel est donc la cause unique de la damnation des enfants. L'enfant est né coupable; Dieu s'est contenté de ne lui pas ménager la grâce de