‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 90 sur 409 · Ancoratus, 32, 38, 78; cf. Ilaer. LXIX · texte numérisé non relu

Ancoratus, 32, 38, 78; cf. Ilaer. LXIX

L\ CHRISTOLOGIE GRECQUE DU IV SIECLE. t21

du iv" siècle devaient, à leur tour, donner une réponse.

Cette réponse, ils ne la donnent pas explicite, précise, dans les termes qui seroirt consacrés par les conciles du v' siècle : manifestement il leur manque des défmilions nettes et une langue arrêtée. Mais on peut dire qu'ils en donnent les prémisses et, si l'on peut parler ainsi, toute la matière. Leurs idées sont en avant sur leurs formules et, s'ils ne s'expriment pas toujours correctement, ils pensent au moins toujours juste.

Une idée d'abord qu'ils repoussent unanimement, et cela d'accord avec Apollinaire, c'est qu'il y ait eu, dans l'incarnation, conversion de l'un des deux éléments en l'autre, ou fusion de l'humanité et de la divinité pour constituer une troisième nature. Les deux adverbes iTpÉTr-cto;, àauy/ôzvii se trouvent déjà dans Didyme l'aveugle'. Saint Epiphane dit de même que le Verbe, en s'incarnant, n'a pas changé de nature {iir, Tpaite'K; Tr,v cpûdiv) ^ ; saint Chrysostome qu'il ne s'est pas transformé en la chair, et que l'incarnation n'a comporté ni confusion ni disparition des substances (où (tuY/yoEM^ •^swoLi.hrfi QÙèï àpaviajAoû xwv oùatôiv) ^. Athanase et Didyme étaient poussés à maintenir cette distinction réelle entre la divinité et l'humanité après l'union par les nécessités de la controverse arienne, les Cappadociens et Epiphane par celles de la controverse apollinariste. Aussi maintiennent-ils que, après l'union, le Sauveur est Dieu et homme, qu'il y a en lui deux formes ([xopcpat, 5ûo irpiYtAaTa)'', deux natures (çuffêiç i/èv yàp Sûo, ôeôç xai àvOpojTTo;), autre chose et autre chose (ôEXXo xal àXXo)^ : « Distinguez-moi les natures

1. De trinilate, m, 6, col. 841; ni, 21, col. 901 ; HI, 13, col. 861. S. Ancoratus, 75.

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