‹ Histoire des dogmesChapitre 112 sur 426 · BD · texte numérisé non relu

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ment indépendante, et par conséquent ne convient pas respectivement aux parties d'un tout, ces parties fussent-elles elles-mêmes des natures ou des substances : car ces parties existent et subsistent non pas en elles-mêmes, mais dans le tout.

Ces définitions une fois données, Léonce pose en principe que la nature ne peut exister qu'individuelle, dans un individu, et conséquemment hypostasiée de quelque façon : àvuTroaTaroç ijlsv oOv cpûaiç, T0UT£(7Tiv ouoria, oùx av eiY) TTOTs ^. Une nature sans hypostase est une abstraction. Dès lors, il semblerait que puisque la nature humaine de Jésus-Christ existe, elle est aussi une hypostase. C'est mal conclure, continue Léonce^. Entre être soi-même une uTrocxaaK; et être àvuTcoaTaxoç il y a un milieu, celui d'être IvuTroaTatoç, d'exister non en soi mais dans un autre comme la partie dans le tout. C'est ce qui arrive pour l'humanité de Jésus-Christ : elle n'est pas àvuTro^TaToç, puisqu'elle existe : elle n'est pas une hypostase, puisqu'elle n'existe pas >ta6' lauxr^v : mais elle est IvuTCOffTaToç, parce qu'elle existe dans le Verbe à qui elle appartient, et qui lui donne le pouvoir d'exister en la recevant en lui^.

Ce mode d'exister, cette enhypostasie^ de l'humanité est-elle possible? Notre auteur essaie de l'établir rationnellement en montrant que la nature présente des cas analogues. Ainsi, les caractères spécifiques et

3. 1, 1277 D et suiv. ; 2, 1944 C. Dans ce dernier passage, Léonce touche à la question de la possibilité d'une union hypostalique entre le Verbe et une personne humaine préexistante, dont l'hypostase ou personnalité aurait été abolie par cette union. U se prononce pour l'affirmative. — Sur l'origine et l'histoire du terme èvuTiôaxaTo;, v. Junglis, op. cit., p. 150 et suiv.

4. Léonce la définit ainsi : T6 ôè èvuuoffxaTOv to [i.r\ elvai aùxo cufiêeêrixo!; ÔYiXoî, b èv ÉTepio éx^i tô etvai, xatoOxèv éauTtp estopeïxai. Être enhypostasié convient à ce qui n'est pas un accident, et qui cependant existe en un autre et non en soi-même (l, 1277 D).

individuants, TroioTVjTe; ouaiwoeK; ou eirouoriwostç ont une manière d'exister de ce genre, puisque, d'une part, ils ne sont pas de simples accidents et, d'autre part, ils ne sont pas des natures subsistantes (irpaYixaTa ôcpe- (TTtoffa)'. La même chose se produit toutes les fois que deux éléments unis entre eux conservent néanmoins leur nature propre, par exemple dans l'union du corps et de l'âme, dans un flambeau allumé 2. Léonce toutefois se rend compte que ce sont là de simples comparaisons qui ne rendent qu'imparfaitement compte d'un fait unique^.

On voit, en tout cas, le parti que Léonce pouvait tirer de sa théorie de rêvuTroaxaTov contre les deux hérésies contraires des nestoriens et des monophysites. Puisque être 'fodiç n'était pas nécessairement être uttoffTaciç et TrpoGOiTTov, les premiers avaient tort de conclure de la dualité des natures dans le Christ à la dualité des personnes et des hypostases ; les seconds avaient tort de conclure de l'unité de l'hypostase et de la personne à l'unité de la nature. Aux nestoriens notre auteur faisait remarquer qu'il est bien vrai que le Verbe TîXeioç a pris une humanité complète, xéXeia : mais que, si ces deux éléments sont complets et parfaits, considérés en eux-mêmes, ils ne sont, considérés vis-à-vis du Verbe incarné dont ils sont les éléments, que comme des parties incomplètes, comme le corps et l'âme vis-à-vis de rhomme^ 11 n'y a donc dans le Christ qu'une per-

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