Vita Maximi, P. G., XC
Ce premier succès des monothélitesfat suivi presque aussitôt (en 634) de deux autres. Une union fut conclue avec les Arméniens dissidents, qui malheureusement dura peu; et l'empereur gagna à sa cause, à condition de le reconnaître pour légitime, le patriarche monophysite d'Antioche, Anastase.
Ainsi, tout semblait aller pour le mieux pour la nouvelle doctrine et ses partisans. Une première opposition cependant venait de s'élever dont Sergius mesura de suite l'importance. Au moment de l'union avec les théodosiens, deux moines se trouvaient en Egypte, Sophronius et Maxime, dont le premier eut communication des neuf anathématismesde 633. Sophronius en aperçut immédiatement le venin, et supplia Cyrus d'y renoncer '. N'ayant pu l'obtenir, il se rendit auprès de Sergius pour le même objet, sans plus de résultat. Même, si l'on en croit Sergius 2, celui-ci persuada à Sophronius de ne plus parler ni d'une ni de deux opérations en Jésus-Christ, et de s'en tenir à la doctrine universellement reçue des deux natures, et de l'unique personne de Jésus-Christ opérant à la fois les choses divines et humaines. Sergius en écrivit à Cyrus dans ce sens, et Sophronius revint en Palestine. Mais, sur la fm de cette année 633, ou au début de 634, Sophronius fut élu patriarche de Jérusalem. Cette circonstance changeait sa situation doctrinale. De simple fidèle il devenait juge de la foi : le silence lui parut une forfaiture. A l'occasion probablement de son intronisation (634), il tint à Jérusalem un synode qui définit la doctrine des deux opérations et des deux volontés (ôuo ôiXrjdeiç xai Ivepyeiaç)^, puis il envoya sur ce sujet sa lettre synodale (ypajxiJiaTa evt)povi(jTixoc) au