Actes dans Mansi, X, 863. il y eut cinq sessions
LE MONOTHELISME. 181
celle d'hérétiques déjà condamnés ^ Le résultat fut une proscription de la nouvelle erreur, traduite dans une profession de foi et vingt anathématismes^. La profession de foi était celle de Chalcédoine à laquelle on avait ajouté : «... Et duas eiusdem (Christi) sicuti naturas inconfuse, ita et duas naturales voluntates, divinam ethumanam, et duas naturales operationes, divinam et humanam, in approbatione perfecta et indiminutaeumdemveraciteresseperfectumDeumethominem perfectum secundum veritatem, eumdem atque unum Dominum nostrum et Deum lesum Christum, utpote volentem et operantem divine et humane nostram salutem. » Cette même doctrine reparaissait dans les anathématismes,dont le deuxième affirmait la spontanéité [sponte] des souffrances de Jésus-Christ pour nous, et relevait ainsi l'intérêt sotériologique de la controverse . Le dix-huitième était porté contre Théodore de Pharan , Cyrus d'Alexandrie, Sergius, Pyrrhus et Paul de Constantinople, contre l'Ecthèse et le Type.
§ 3. — Le VI- concile général.
L'acte de Martin P»" condamnant le Type, alors que l'empereur était maître de Rome, était assurément un coup hardi. Constant II se vengea. Le pape, saisi par Texarque Théodore Calliopas et conduit à Constantinople, fut relégué à Cherson où il mourut (16 septembre 655). Plusieurs évêques furent molestés; l'abbé Maxime, mutilé et plusieurs fois exilé pour son attache -
1. Trois séries de textes patristiques furent produits pour établir : 1" que d'après les Pères l'opération et la volonté ont leur source dans la nature et non dans l'hypostase, et conséquemment que le nombre des natures détermine celui des opérations et des volontés; 2" que les Pères ont attribué au Christ deux volontés libres; 3° qu'ils lui ont également attribué deux opérations naturelles.
-2. Maxsi, X, 1150-H62; Haun, § 181.
ment au dyothélisme, expira le 13 août 662 : c'était la persécution.
A Rome cependant, Eugène avait succédé à Martin dès le 10 août 654 ^ Il essaya d'un accord, et envoya à Constantinople des apocrisiaires. On les circonvint si bien qu'ils acceptèrent une doctrine hybride reconnaissant en Jésus-Christ trois volontés, deux naturelles et une hypostatique^. C'était toujours mettre dans le Verbe le principe de l'activité humaine du Sauveur. A leur retour à Rome, ils furent très mal reçus. Mais Eugène mourut le 2 juin 657, et sous le règne de ses successeurs, Vitalien (657-672), Adéodat (672-676), Donus (676-678), une sorte de modus vivendi, fondé sur un silence réciproque, s'établit avec Constantinople où les patriarches ne faisaient que passer.
Une fois encore, la mort de l'empereur dénoua la situation. En 668, Constantin IV Pogonat succédait à Constant II assassiné. Il ne pressa pas l'acceptation du Type, et dès 678 demanda au pape — qui depuis le 27 juin de cette même année était Agathon — d'envoyer à Constantinople des délégués, pour examiner pacifiquement et de bonne foi la question en litige.
Agathon voulut que ses envoyés emportassent vraiment avec eux la décision de l'Église d'occident et, pour cela, fit tenir dans les différentes provinces des conciles dont quelques documents nous sont restés^. Lui-même en tint un à Rome de cent vingt-cinq évêques, vers Pâques 680. Puis, à leur départ, il remit aux délégués deux lettres, l'une écrite en son nom personnel à l'empereur et à ses deux fils'*, la seconde écrite aux mêmes destinataires au nom du pape et des évê-
\. Le pape Martin, qui avait connu son élection, n'avait pas protesté.
2. Mansi, XI, 1-2 et suiv., 14; P. G., XC, 433 et suiv., 136.