‹ Histoire des dogmesChapitre 14 sur 426 · De incarnatione, XV, Swete, 311 (col · texte numérisé non relu

De incarnatione, XV, Swete, 311 (col

son action se subordonnait à la sienne. Et Théodore paraît bien parfois mettre dans cette harmonie des volontés le vrai lien qui unissait les deux natures en communauté de personne : '0 Ts^ÔeU ex tyîç Trapôsvou Siya (jTTopaç avOpoiTtoç où ÔtÊxpiOr, tou Aoyou, TauTOTr,Ti Yva)|jt.rj(; auToi a'jvTjaixevo;, xa6' r^v eOooxv^o-aç rjvojirev aùtbv eaoTw ^. Chaque nature gardait physiquement son action propre qui devait lui être attribuée, et que l'on ne pouvait que par figure et par une sorte d'abus de langage attribuer à l'autre même prise in concreto et dans l'union.

Nous touchons ici à la question de la communication des idiomes, et c'est un des points où se révèle davantage le vice de la christologie de Théodore. L'évêque de Mopsueste ne se rend pas compte, comme d'ailleurs tous les écrivains d'Antioche, que la personnalité de Jésus-Christ est dans le Verbe, que le mystère de l'incarnation consiste simplement en ce que la personne du Verbe, possédant déjà la nature divine, s'est adjoint une nature humaine, et que dès lors à ce Verbe incarné on peut et on doit rapporter toutes les actions et passions de son humanité. Théodore ne voit pas cela, et c'est pourquoi il condamne comme des erreurs apollinaristes toutes les formules qui attribuent au Verbe incarné les actions et passions humaines, aussi bien que celles qui attribuent à l'homme concret, en Jésus-Christ, les attributs et actes divins. 11 faudrait citer ici tous les fragments de son ouvrage contre Apollinaire. Ainsi, c'est une folie de dire que Dieu est né d'une vierge : « Est quidem dementia Deum ex virgine natum esse dicere... Natus autem est ex virgine qui ex substantia virginis constat, non

1. De incarnat., Swete, 311. Remarquer encore : ev clCxCù (àv6pw7:w) Se ôv (ô Aoyoç) xaTà rriv a-/k(svj tïî; Yvw[j.riî(Z)c incarnat., XV, Swete, 310, col. 992); et encore, évaxra; aOxbv lauTÛ t^ ayéffet tïjç •^s<xi\y.r^ç (Swete, 308).

LE NESTORIANISME. 21

Deus Verbum ex Maria natus est. Natus autem est ex Maria qui ex semine est David. Non Deus Verbum ex muliere natus est, sed natus ex muliere qui virtute sancti Spiritus plasmatus est in ea'. » Peut-on dès lors appeler Marie Osotoxoç? Oui, mais improprement : « Lorsqu'on nous demande si Marie est av6pw770Toxoç ou ôsoToxoç, répondons que pour nous elle est l'un et l'autre : àvOpwjroxoxoç par la nature du laitj ÔeoToxoç par relation (àvacpopa). 'AvôpwTcoToxoç par nature, puisque était homme celui qu'elle portait dans son sein et qui en est sorti : ôso-coxoç, parce que Dieu était dans l'homme qu'elle a engendré, non par une limitation de sa nature en lui, mais par un rapport de sa volonté » (xaxà tyjv (j/£<tiv t9)<; YVfofjLYiç) ^. Enfin, l'homme en Jésus est-il fils naturel de Dieu? Non. « C'est par grâce (x.api'^O que Jésus a aussi participé à la filiation, n'étant pas né du Père par nature, avec cependant ce privilège au-dessus des autres, qu'il a acquis la filiation par son union avec le Verbe, ce qui lui en vaut une plus importante communication ^. » Et encore : « C'est par grâce qu'il a reçu la filiation, la divinité seule possédant la filiation naturelle », xapiTi

TrpoffEiXyicpev Tr,v ulor/j-ra, Tvi; ôsor/iTOç ulovy); Tyjv (pu<7ixy)v uior/]Ta

x£XTyi[jt.£VYi(; '•. Or il est bien évident que, par ces mots, et quoi qu'il en dise, Théodore laisse subsister deux fils en Jésus-Christ, tout ainsi qu'au même endroit il laisse subsister deux seigneurs. Il y a sans doute une seule filiation et une seule seigneurie, essentielle dans le Verbe, adoptive et participée dans Jésus , mais il y a deux sujets de cette seigneurie et de cette filiation.

1. Contra ApolUnarium, Uï, Swete, 313, 314 (col. 993, 994, 998).

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