‹ Histoire des dogmesChapitre 142 sur 426 · Mansi, ïV, 108i; P. G., LXXVI · texte numérisé non relu

Mansi, ïV, 108i; P. G., LXXVI

que l'on devait recevoir; mais que s'il voulait dire que le Saint-Esprit tient son existence du Fils ou par le Fils, c'était là un blasphème et une impiété que l'on devait repousser : si o' wç II mou r\ Si' utou ttjv uuap^tv e^^ov (TO TCveujjLa), wç pXdcdcprjfxov touto xai wç Suaacês; à7roppi(|;o;jLEv '' . Théodoret, comme son maître, refusait donc au Fils toute part active dans la production du Saint-Esprit 2.

Tout autre est la doctrine de Cyrille. Bien qu'il n'ait jamais écrit la formule définitive Ex-nropeusToti I; uiou, qu'il n'ose confondre IjcTropeuExai avec Xatxoàvct, qu'il paraisse ne pas apercevoir la question de la procession ex Filio ou même l'esquiver alors qu'elle se présente naturellement à lui^, son enseignement va manifestement dans le sens de la formule latine : il en suppose la substance s'il n'en contient pas l'expression \ Ainsi, l'Esprit-Saint n'est pas seulement l'Esprit propre du Fils (lôiov)^-, l'Esprit du Fils aussi bien que du Père^, l'Esprit qui est du Fils et en lui,

et son propre Esprit [il aurou te xal Iv auroi y.yX ÏSiov

i. MaNSI, V, 124; p. G., LXXVI. 43-2.

2. C'est bien en ce sens causal, pensons-nous, que Théodoret niait, comme Théodore, que le Saint-Esprit fût o'.' ulo-j, car d'ailleurs l'expression elle-même était trop répandue pour qu'ils la condamnassent. On ne saurait, d'autre part, imaginer que Théodoret réprouve ici seulement le sentiment qui l'erait du Saint-Esprit une créature du Fils (t9iv uTrap^iv ê/ov), car dans VEranistes, III (col. 264), il se sert précisément de cette expression pour signifier que le Saint-Esprit tient son être du Père : èv. toC uarpbî xal ôsoO iial to-jto (tô 7ïV£C(xa) h/zi tïjv 'jTrap^tv. Théodoret confesse du reste que le Saini-Esprit est l'Esprit du Christ et du Père {In epist. ad Roman., VIH, 11, col. 132).

3. Par exemple De ss. Trinitate, dialog. VII (col. 1080, 1092, 1104, 1117, 4120, 1121).

4. La démonstration de ce point déjà faite par Petau (De trinitate, lib. VII. capp. 3 et suiv.\ a été poussée à fond dans une thèse restée malheureusement lithographiée de M. J. Desseigxe, et présentée à la Faculté de théologie de Lyon, en 1901.

5. Adv. Nestorium, IV, 3 icol. I8i); De ss. Trinitate, dial. VII (col. 1013), etc.

G. In loannem, I, 33 (col. 208) ; De recta fide adreg., II, 34 (col. 1380).

auToo)\ cet Esprit est encore l'Esprit du Fils, et en lui, et de lui de même que le Fils est engendré U 6couxaToc (puffiv : le rapport de l'Esprit au Fils est celui du Fils au Père 2; le Fils possède comme chose propre le Saint-Esprit qui est de lui et substantiellement en lui (iSiov e/wv TO 1^ auTou xa\ oOcyioiSwç IfjLTrecpuicbç auTw ttveujxa ayiov^). Distinguant avec soin la mission ad extra de la production ad intra, Cyrille remarque que le Saint-Esprit est dans le Fils et du (1^) Fils cpuauwç, xaxà cpuffiv^; qu'il en reçoit sa puissance, sa science, son action, parce qu'il en vient ÔîOTrpsTrwç, wç Ix Trjç ouata; auToîi cpuaixtoç Trpoïov^; qu'il sort de la nature ineffable du Fils, (o<; oi' aÙTÎ;; Trpoïov t9]ç a7:oppr,TOu cpuasw; aÙTOU^.

Ainsi le Saint-Esprit est de la substance du Père et du Fils, Ix TYÎç ouciaç Tou TraTooç xa\ tou \A^^ est essentiellement du Père et du Fils, du Père par le Fils, TO ouffiojSwi; 1; àiJLcpoTv, yjyouv Ix TraTpoç 8i' uiou irpcj^eoftevov 7rv£uti.a, et cela à cause de l'identité de leur substance, car le Saint-Esprit venant essentiellement de la substance divine (olkjuoSwç h «ut^ xai I; aux^ Tcpoïov), et cette substance étant commune au Père et au Fils, le Saint- Esprit est propre aux deux et est du Père par le Fils fxai afxcpoïv Ws êv Ix uarpoç §i' uîou Sià Tr,v TauTotviTa tv^j; oùffiaç " . De là les comparaisons dont use notre auteur, et qui vont à présenter l'Esprit-Saint comme une sorte d'émanation du Fils. Celle de la fleur et du parfum est remarquable :

« Jésus-Christ ne dit pas que l'Esprit-Saint deviendra sage

1. De &z. Trinit., dial. YII (col. 11-20. cf. 1093); cf. Ado. Nestor., IV, 1 (col. 173).

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