Epist. III
5. On peut se demander si c'est bien l'opinion des latins que vise Isidore, ou si ce n'est pas plutôt la doctrine d'Origéne (cf. Uist. des Dogmes, I, p. 292, 293) : on remarquera le mot ^utto;, employé par l'un et par l'autre.
que celle d'Antioche le besoin que l'homme a de Dieu ; et c'est dans cette école en effet que nous rencontrons plutôt, sur le sujet qui nous occupe, une doctrine qui se rapproche, sans la rejoindre, de la doctrine augustinienne.
« Par Adam, écrit Proclus de Gonstantinople, nous avions tous souscrit au péché » : âià yàp xoti 'Aoàfx Tràv-rst; TT) àaapTta Ij^sipoypacpTiaatxev ^. Quant à Cyrille lui-même, il est remarquable d'abord que, dans la condamnation et la déchéance du premier homme, il voit toujours la déchéance non d'un individu isolé mais de la nature humaine. Adam se laissant aller à la désobéissance, -^ (puaiç £i»6uç GavocTw xaTsâixâ^sTo^. Ensuite saint Cyrille n'est pas loin, à l'exemple d'Augustin, de considérer comme un péché la concupiscence qui accompagne l'acte conjugal^. Il déclare encore que « le cœur de tous les hommes a été comme souillé par la transgression en Adam, et la perversion au mal ' » ; que par là la nature humaine s'est trouvée détournée de J3ieu (Iv aTTocrpocpri xou 6eou) ^, hors de son amitié (c;co xTiç Trpoç ôsbv oîx£ior/]Toç) ^ ; que nous avons été corrompus en Adam ('Aâàfx, £v ^ xat IcpôapfjLsôa) ^; que nous sommes devenus malades par la mort du péché à l'instigation du serpent^. Il semble que nous touchions à la formule latine : mais voici qui nous en éloigne. Si nous encourons la peine de notre premier père, écrit Cyrille, c'est parce que nous avons imité son péché ^; et dans ce même commentaire sur l'épître aux Romains, il
i. Orat. I, 6 (col. 685).