In loann.t VI, 35, 57 (col
fiant de la chair eucharistique du Sauveur et ses effets en nous se trouve naturellement reproduite, du moins en raccourci, dans les auteurs qui Font suivi, et ceux surtout qui se rattachent à lui : saint Isidore de Péluse ^ , saint NiP, le Pseudo-Aréopagite ^, Eutychius ^. Quant à Léonce de Byzance. on ne sera pas surpris de découvrir qu'il s'inspire manifestement, dans sa doctrine eucharistique, des passages cités du patriarche d'Alexandrie ^.
L'analyse qui précède ne nous a pas appris cependant comment Cyrille concevait le changement opéré dans les oblata par les prières consécratoires. Cette question ne paraît pas avoir attiré son attention. En un endroit pourtant de son commentaire sur saint Luc déjà cité^, il l'effleure, mais sans la résoudre clairement. Après avoir dit que la manière dont le Verbe s'est uni à la chair dans lïncarnation est incompréhensible pour nous, il continue :
« Il fallait que le Verbe habitât en nous par le Saint-Esprit de la façon qui convient à Dieu ; qu'il fût comme répandu dans nos corps par sa chair sacrée et par son précieux sang, [chair et sangj que nous recevons en eulogie vivifiante comme dans du pain et dans du vin (w; èv àp-rw Te xal otvtp). Car, de peur que nous ne soyons arrêtés en voyant de la chair et du sang sur la table sainte de nos églises, Dieu, par égard pour notre faiblesse, donne aux oblata la puissance de la vie et les transfère à la vertu de sa propre chair (xai |jLe6i<7Tr,(yiv aûxà npo: ÈvépYEtav TrjîéauToû <rapy.<$;), afin que par ces oblata nous ayons la participation vivifiante, et que le corps de vie se trouve en nous comme un germe vivifiant. Ne doute pas que ce ne soit la vérité, le Christ lui-même ayant dit manifestement : Ceci est mon coi'ps et Ceci est mon sang; mais reçois plutôt avec foi la parole du Sauveur : étant la Vérité, il ne ment point. »