Ibid., col
ait inventé l'argument de toutes pièces. Or, de cette conversion, lui, Théodoret, qui parle par la bouche de l'orthodoxe, ne veut point. 11 réplique que, précisément, le fait invoqué est faux. « Après la sanctification, les symboles mystiques ne perdent pas leur nature propre; ils demeurent et dans leur substance première, et dans leur apparence, et dans leur forme, visibles et tangibles comme auparavant. On ne peut que concevoir ce qu'ils deviennent, et le croire, et l'adorer comme s'ils étaient ce que l'on croit'. »
Théodoret n'admet donc pas que le pain et le vin soient convertis dans leur nature et leur substance (cpuoiç, ouata) par la consécration. Mais alors que fait cette consécration? Car enfin, poursuit l'orthodoxe, les noms sont changés : le pain n'est plus appelé pain; il est appelé corps.
Ce qu'opère la consécration dans les éléments, Théodoret a essayé de l'expliquer dans le premier dialogue deVEranistes^. Là. il constate qu'en effet le pain et le vin sont appelés corps et sang, mais il constate aussi que le Christ a appelé son corps « froment », et qu'il s'est appelé lui-même « la vigne », dont le vin est le sang. Or, ajoute-t-il, le but de ces changements de noms est manifeste pour les initiés :
(( Le Christ voulait que ceux qui participent aux divins mystères ne s'attachassent pas à la nature de ce qu'ils voient, mais considérant le changement des noms, eussent foi en la conversion qui est le fait de la grâce (îriaTeOeiv t^ âx trî; ^apiTo; Yeys^lî^s'^'ïi |xeTago)«yi). Car, s'il a appelé son corps naturel froment eipain, comme il s'est appelé lui-même vigne, il a honoré les symboles qui se voient du nom de corps et de sang, non pas qu'il ait changé la nature, mais parce qu'il a ajouté la grâce à la nature. «
4. Où8à yàp jxeTà tov àYiaorjxbv xà (x-jaTixà a\)\t.6o\oi. r/jç oixeîa; i^i- (TTaxat ç'j(je(o;*fjL£V£i yàp stïî x^ç Tîpoxspa; oOorîaç, xat to-j ax^nt^aToç, xai TO-j eïoouç, xai ôpaxàèaTt, xat âîtià, ola y.ai Trpdiepov f,v xt)v.