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La consécration opère donc une fxs-caSoXr'. Mais cette tjisTaêoXr^ n'est pas la conversion au corps de Jésus-Christ de la substance du pain : cette substance acquiert seulement une grâce, une dignité qui lui vient de son union avec le corps du Sauveur produit et présent, union qui permet entre le pain et le corps cet entr échange d'appellations que l'on constate. Théodoret n'insiste pas sur la production, dans la consécration, du corps de Jésus-Christ : c'était un point acquis ; mais il nie que cette production soit le résultat d'une conversion des oblata, et il explique que ces oblata sont vis-à-vis du corps de Jésus-Christ dans une relation analogue à celle où l'humanité de Jésus-Christ se trouvait par rapport à sa divinité. De ce corps il découle en eux une vertu ou une grâce qui les sanctifie, sans changer ni détruire leur nature.
Nous avons donc bien affaire ici avec un vrai dyophysisme eucharistique. Cette théorie se retrouve dans une lettre (apocryphe) de saint Jean Chrysostome au moine Césaire^ dont l'auteur vivait après le concile de Chalcédoine. Césaire, comme Eranistes, est un monophysite qui, pour établir son erreur, s'appuyait sans doute sur le mystère eucharistique : « Est-ce que nous ne recevons pas fidèlement et pieusement le corps et le sang de Dieu? Assurément. Non que le divin ait possédé par nature chair et sang avant l'incarnation, mais on dit qu'il les possède parce qu'il se rend propre (lûioTTois'iTai] ce qui est de la chair ^. » Ce raisonnement est juste, mais l'auteur de la lettre, qui est pour le moins un nestorianisant et qui ne veut pas de la communication des idiomes, n'accepte pas l'expression « corps et sang de Dieu », et, tout en avouant que le pain est appelé corps, il nie qu'il soit substantielle-