‹ Histoire des dogmesChapitre 182 sur 426 · Interrog. 229 et · texte numérisé non relu

Interrog. 229 et

2. On a contesté sans raison, pensons-nous, qu'il s'agisse là de moines revêtus du sacerdoce.

3. Anastase le Si>\, Oratio desynaxi (col. 833) ; cf.PsEUDO-DENYS,f?ȔSf. VIII, 1.

4. S. Jean Climaque, Scala paradisi, grad. IV (col. 681^ ; Anastase le SiN., Quaestiûnes^ qu. YI (col. 369, 372).

rément les moines. Des prêtres mariés, comme l'étaient les prêtres séculiers, ne pouvaient, à ce point de vue, leur être comparés. De ce fait résultèrent deux conséquences :

La première fut qu'à partir du moment où les moines sortirent de leurs monastères pour se mêler au monde, c'est-à-dire surtout à partir des querelles iconoclastes (viii® siècle)', ils accaparèrent peu à peu le ministère de la confession et en exclurent graduellement le clergé séculier. Dans le Sermo ad paenitentes attribué à Jean le Jeûneur, patriarche de Constantinople (582-595), mais qui est plutôt d'un moine du xi*" siècle, il est dit tout uniment que Jésus- Christ a établi, pour l'instruction des fidèles, des évêques, des prêtres et des docteurs, mais qu'il a établi les moines pour recevoir les confessions et exhorter les pénitents-.

Une seconde conséquence plus grave fut que la qualité de spirituel devint tellement prédominante parmi celles que l'on exigea du confesseur, que l'on oublia parfois, dans les cloîtres d'abord, puis dans le monde, que le confesseur devait avant tout être prêtre, tenir de son ordination le pouvoir d'absoudre. On

1. C'est l'époque donnée par le patriarche Jeand'Antioche, au xn' siècle, n fixe aux querelles iconoclastes et au règne de Constantin Copronyme le moment où la confiance des fidèles transporta aux moines le pouvoir d'entendre les confessions, de réconcilier ou decen surer les pécheurs [De monasteriis laicis non tradendis, 7, P. G., CXXXn, 1128).

2. p. G., LXXXVni, 1920. Une lettre curieuse du Pseudo-Denys, la huitième, adressée au moine Démophile, nous met peut-être en présence d'une des premières tentatives des moines grecs pour s'ingérer ainsi dans l'administration de la pénitence. Un pénitent s'est adressé à un prêtre qui l'a reçu avec bonté et l'a absous. Démophile est accouru avec ses moines, et a chassé de l'église le prêtre et le pénitent, sous prétexte qu'ils en violaient la sainteté, le coupable étant indigne de pardon. Denys reprend vivement Démophile, et lui demande d'être plus respectueux vis-à-vis des prêtres, qui lui sont supérieurs, et plus miséricordieux envers les pécheurs.

vit donc, surtout aux x^-xii^ siècles, de simples moines laïques recevoir les confessions et réconcilier les pénitents, et il se trouva, au xi^ siècle, des théologiens et des canonistes pour justifier cet abus. Le pouvoir de remettre les péchés était, d'après eux, plutôt un charisme accordé à la sainteté qu'un pouvoir régulier du sacerdoce officiel .

Quels étaient les actes qui constituaient le cu?'sus de la pénitence ?

Le premier était l'aveu des fautes commises : « Personne, dit saint Jean Climaque, n'obtient, sans la confession, le pardon de ses péchés^ » ; et il détaille les qualités de cette confession qui doit être sincère, humble, repentante jusque dans 1 attitude du pénitent^. En principe, cette confession était toujours secrète : c'est ce que supposent Isidore de Péluse, saint Jean Climaque et Anastase le Sinaïte '',; et d'ailleurs le choix du confesseur eût peu importé, si l'aveu avait dû être public. Chez les moines toutefois, et si le confesseur le jugeait utile, l'aveu secret était parfois suivi d'une coulpe faite publiquement : «. Avant tout, écrit saint Jean Climaque, confessons nos péchés à notre excellent juge, et à lui seul, mais aussi à tous, s'il l'ordonne » : et il appuie son conseil du récit de l'histoire d'un voleur qui voulut se faire moine, et à qui on imposa une confession publique^.

1. Comme ces faits et ces théories sont en dehors de la période dont nous nous occupons, nous ne les signalerons pas plus en délai). On peut voir sur eux les écrits indiqués de MM. Vacandard et Holl.

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