Collât. XIV
ses imitateurs. L'auteur des Morales n'oublie pas cependant qu'en expliquant l'Ecriture au sens spirituel, on ne doit jamais sacrifier le sens historique : « Hoc tamen magnopere petimus ut qui ad spiritalem intellegentiam mentem sublevat a veneratione historiae non recédât ^. »
Au point de vue doctrinal, l'Ecriture doit être considérée comme la première autorité posée par Dieu dans son Église : étant la parole de Dieu, elle est infaillible^. Elle serait donc, en soi, parfaitement suffisante pour éclaircir toutes les difficultés et trancher toutes les controverses, mais, à cause de sa profondeur même, l'interprétation en est malaisée, et chacun l'explique à sa façon. Il est donc nécessaire qu'une règle dirige cette interprétation, et dise en quel sens on doit entendre l'Écriture. Cette règle est l'enseignement ecclésiastique et catholique, le dogme catholique, les traditions de l'Eglise universelle : « propheticae et apostolicae interpretationis linea secundum ecclesiastici et catholici sensus formam dirigatur... Divinum canonem secundum universalis Ecclesiae traditiones, et iuxta catholici dogmatis régulas interpretentur ^ ».
Par cette dépendance où l'exégèse scripturaire est mise vis-à-vis de la tradition et de l'enseignement de l'Église, il est clairque l'Écriture cesse d'être considérée comme la source suffisante et dernière de la foi, comme le juge suprême et décidant par lui seul des différends doctrinaux qui surgissent entre les chrétiens. Et de fait, il est peu de périodes théologiques où l'on ait fait, autant que dans celle que nous étudions, appel àl'auto-