‹ Histoire des dogmesChapitre 235 sur 426 · Moral., n, 56; In evang. homil. XL · texte numérisé non relu

Moral., n, 56; In evang. homil. XL

2. S. Prospf.r, Exposit. in psalm. GUI, v. 2 ; S. Maxime de Tun. : « In Scripturis sanctis et honestatis doctrina est el correptio delictorum el eruditio verilatis « {Set^mo CX, col. 749).

3. ViNC. Lm., Commonit.,<2, 27, 29 ; Gassien, De incarn., Y, 5.

rite de la tradition. Ce mot conserve encore, sous la plume de saint Léon, son sens primitif de doctrine et coutume transmise de vive voix ou par l'usage. Saint Léon considère que « quidquidab Ecclesiainconsuetudinem est devotionis receptum » procède a de traditione apostolica et de sancti Spiritus doctrina». Les collectes notamment, l'usage défaire les ordinations le dimanche, de baptiser à Pâques, sont des traditions apostoliques ^ Mais on s'aperçoit vite que la tradition va se confondant de plus en plus avec l'enseignement de l'Eglise, avec Tensemble des vérités que le magistère ecclésiastique impose à la foi des fidèles. On Ta vu déjà pour Vincent de Lérins^. Cassiodore écrit de même que les écarts des hérétiques viennent de ce que « contraria matri (Ecclesiae) dogmata sunt secuti... ab eius sanctis traditionibus erraverunt^ » ; et ce qui nous reste à dire mettra encore davantage ce sens en relief. De cet enseignement de l'Église, de cette tradition doctrinale les organes nommés le plus souvent sont les Pères. On a dit plus haut que ce vocable commença à être usité au v^ siècle, pour désigner les plus autorisés parmi les docteurs de la foi et les écrivains ecclésiastiques. En Occident, autant et plus peut-être qu'en Orient, au moment où nous sommes, on les considère comme les maîtres de la vérité religieuse et on invoque leur témoignage : « Plebs Dei noverit, écrit saint Léon, ea sibi praesenti doctrina insinuari quae Patres et acceperunt a pracedentibus suis et posteribus tradiderunt'* «; et saint Fulgence : « Dignum itaque est... ut in singulis quibusque sententiis in quibus nubile cuiusquamobscuritatisambigimus, sanctorum Patrum

4. Sermo LXXIX, l;Vni; Epist. IX, 4; XVI, 1; CLXVIII, I. 2. Et cf. Commonit., 9. 6. Inpsalm. LVII. vers. 3.

i. Epist. CXXIX, 2; XCIV.

definitionibus haereamus^ » Saint Césaire ne se lasse pas dénommer les Pères, les saints Pères, les saints et anciens Pères-; et rien n'est plus suggestif à ce propos que de voir le concile du Latran, tenu sous Martini" en 649, commencer lénoncé de chacun de ses onze premiers canons par la formule : « Si quis, secundum sanctos Patres, non confitetur... etc.^ ». C'est dire que la preuve par l'autorité des Pères est entrée largement dans l'usage théologique latin. Aussi, comme en Orient, compose-t-on, en Occident, pour appuyer les grandes thèses que l'on veut faire triompher, des dossiers patristiques qui passent d'un auteur à l'autre, et qui forment un arsenal commun où chacun vient puiser. Saint Léon ajoute à sa fameuse lettre à Flavien un recueil de ce genre en 449^ ; il le reproduit et l'augmente dans une lettre à l'empereur Léon en 458 "^ Le pape Martin en fait lire un autre au concile de 649 contre les monothélites^.

Tous les écrivains ecclésiastiques cependant n'étaient pas mis au rang des Pères dont on doit suivre l'enseignement. Le décret -pseudo-géld-sien De libjnsrecipiendis ' ne s'occupe pas seulement des livres de TEcriture qu'il faut accepter ou rejeter ; il fait un triage parmi les auteurs ecclésiastiques connus, et distingue ceux que l'Eglise approuve et reçoit, et ceux qu'elle

1. De verit. praedest., I. 33; Epist. XVn, 1 ; cf. Cassiodof.e, De institut, divin, litter., XV, col. 4130.

•2. V. D. G. 3I0PJN, Revue bénédictine, t. XXI (1904), p. 237.

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