‹ Histoire des dogmesChapitre 239 sur 426 · Epist. CXXIX · texte numérisé non relu

Epist. CXXIX

n. Epist. Lxxxn, 1.

Cette conception, je l'ai remarqué, est intimement liée à cette idée que la doctrine chrétienne, entièrement prèchée par les apôtres, doit rester immuable dans son fond. Saint Léon et saint Vincent de Lérins en effet ne manquent pas de le répéter *. Mais cependant cette immutabilité de fond n'exclut pas, observe Vincent, un certain progrès, un certain développement du dogme chrétien. On connaît la page fameuse, qui suffirait à immortaliser son nom, dans laquelle le moine de Lérins s'efforce de préciser en quoi doit consister ce développement"-. Ce doit être un développement, non un changement [ita tamen ut vere profectus sit ille fidei, non perniutatio], le progrès de tous et de chacun dans Tintelligence, la science, la connaissance de la doctrine révélée, mais sans altération de la croyance antérieure [in suo duntaxat génère, in eodem scilicet dogmate, eodem sensu, eademque sententia] ; les anciens dogmes seront dégrossis, limés, polis : ils ne seront pas altérés, tronqués, mutilés; ils recevront plus d'évidence, de lumière, de précision, mais ils garderont leur plénitude, leur intégrité, leur sens propre". C'est bien là, continue Vincent, le progrès tel que l'entend l'Église. Elle n'a jamais rien changé, rien ajouté ni rien retranché aux dogmes dont elle a reçu le dépôt : elle a seulement perfectionné et poli ce qui, dans l'an-

\. s. LÉox : « Una est, vera, singularis catholica fides cui nihil addi necminui potest » [Epist. CXXIY, 1). Saint Vincent : « Annuntiare ergo aliquid christianis catliolicis praeter id quod acceperunl nunquam licuit, nusquam licet, nunquam licebit ; et anathematizare eos qui annunliant aliquid praeterquam quod semel acceplum est nunquam non oportuit, nusquam non oportet. nunquam non oportebit » [Commonit.. 9, 24).

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