‹ Histoire des dogmesChapitre 240 sur 426 · Commonit · texte numérisé non relu

Commonit

3. « Fas est etenim ut prisca illa caelestis philosophiae dogmata processu temporis excurentur, limentur, poliantur : sed nefas est ut commutentur, nefas ut detruncentur, ut mutilentur. Accipiant licet evidentiam, lucem, distinctionem; sed retineant necesse estplenitudineni. integritatem, proprietatem. »

tiquité, n'avait reçu que sa première ébauche; elle a consolidé ce que le passé avait formulé et mis dans tout son jour; elle a gardé ce qui était déjà défini. L'œuvre des conciles n'a pas été autre que de « proposer à une croyance plus réfléchie ce qui était cru auparavant en toute simplicité; de prêcher avec plus d'insistance les vérités prêchées jusque-là d'une façon plus molle; de faire honorer plus diligemment ce qu'auparavant on honorait avec une plus tranquille sécurité ».

Dans cette œuvre du développement dogmatique, il est remarquable que Vincent n'attribue aucun rôle à la philosophie. En attendant que celle-ci prenne sa revanche dans les siècles qui suivront, il faut bien avouer que, dans ceux que nous étudions, elle n'obtient qu'une considération médiocre. Elle occupe sans doute presque tous les loisirs d'un Boèce : mais Boèce n'est pas un homme d'Eglise, et n'est que par circonstance un théologien. On notera plutôt l'estime que témoigne pour elle Claudien Mamert, encore qu'il juge sévèrement les païens qui Tout cultivée ^ Ceux-ci naturellement sont aussi fort malmenés par saint Prosper. Mais voici qui est plus radical. Saint Pierre Chrysologue déclare tout uniment que la philosophie est une invention des démons, que la chaire des philosophes est une chaire de pestilence, puisqu'ils n'ont pas su découvrir et prêcher le vrai Dieu'^. Bède ajoute qu'il n'est pas une école de philosophie qui n'ait été accusée de mensonge par les autres écoles d'une philosophie également sotte ^. Ces déclarations ne doivent point nous surprendre. A cette époque de bouleversements politiques, où tous les calculs et les espérances hu-

i. De statu animae, II, ±

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