S. Grégoire, Moral., X
infînmient simple, on ne saurait le définir par le genre et la différence spécifique : on peut dire de lui ce qu'il n'est pas ; on ne peut pas dire ce qu'il est proprement ^ .
De ce Dieu transcendant saint Grégoire aime à célébrer la miséricorde, Salvien à proclamer la justice. Dans ses virulentes apostrophes à son siècle, le prêtre de Marseille pose en principe qu'il n'y a pas à se demander si les effets de l'action et de la Providence divines en ce monde sont justes ou injustes. Par cela même qu'ils viennent de Dieu, ils sont plus que justes 2.
On a dit plus haut le grand nombre d'écrits sur la Trinité qu'avait suscités, en Afrique principalement, la controverse contre les barbares ariens. Cependant, en général, on chercherait en vain dans cette énorme littérature des principes et des points de vue nouveaux, constituant un progrès notable sur ce qu'avait écrit saint Augustin. On y trouve surtout des textes accumulés, comme dans le Contra Maximinum del'évêque Céréalis (v. 484), et des réfutations d'objections, comme dans les traités mis sous le nom de Vigile de Tapse. En tout cas la solution augustinienne sur la procession du Saint-Esprit a fait autorité, et, dans toute l'Eglise latine, on enseigne que le Saint-Esprit procède a Pâtre et Filio^, En Afrique, saint Ful-
1. s. Grégoiue, Moral., XYI, 45;XYni, 8-2; Cassiodoke, In psalm, \l, vers. 7; CXLI, conclusio.
2. « Nec licet ut de his quae divino aguntur arbitrio, aliud dicas iivstum, aliud iniustum: quia quidquid aDeo agi vides atque convinceris, necesse est plus quam iustum esse fatearis » {De gubern. Dei, ni, 1).
3. On remarquera cependant la réserve du diacre Rusticus — le neveu du pape vigile— dans son écrit Contra acephalos, qui est de o50riîK) environ. 11 note que quelques anciens {quidam antiquorum) ont pensé que le Saint-Esprit ne procède pas du Fils comme du Père {non procédât SpirilKS a Filio sicut a Pâtre). Pour lui, il n'est pas absolument fixé sur le fait ou le mode de cette procession : « Utrum vero a Filio eodem modo quo a Pâtre procédât (Spiritus) nondum perfecte
gence^ l'auteur du Contra Varimadum'^ eX cç\m du livre VIII du De trinitate ^, le diacre Ferrand '' ; à Rome probablement, l'auteur à.'Arnobii catholici et Serapionis conflictiis'^, puis Boèce^, les papes Hormisdas' et saint Grégoire le Grand ^, pour ne nommer que ceuxlà; en Gaule, saint Prosper^, saint Eucher ^^, Fauste de Riez^^ Gennade^^, Julien Pomère^^, saint Césaire^'S Avit de Vienne ^^; en Espagne, Pastor de Galice '^, saint Isidore^'', saint lldefonse^^, en témoignent clairement. Non seulement les auteurs particuliers l'admettent, mais, en Espagne, les conciles introduisent cette doctrine dans leurs professions de foi^^. Le
habeo satisfactum » (P. L-, LXVII. 1^23"). Ruslicus avait vécu à Constantinople.
4. De fide, 52; De trinitate, II ; Contra Fabianum, fragm. XVIII, col. 774; XXXVI, col. 826; etc.