‹ Histoire des dogmesChapitre 276 sur 426 · EtymoL, VI · texte numérisé non relu

EtymoL, VI

nomine et cruce ligni Christi fontis aquae tanganlur, nullum salvationis remedium obtinetur^ »

Par les textes cités de saint Léon et de saint Isidore, nous voyons quelle idée les auteurs de ce temps se font plus volontiers de Faction sacramentelle. Cette action — on le dira plus longuement tout à l'heure à l'occasion du baptême — n'a nullement son principe dans la foi et la sainteté du ministre, ni dans les dispositions du sujet : elle vient du rite même ; mais dans le rite et sous le rite, on considère que c'est la vertu de Jésus- Christ ou du Saint-Esprit qui s'exerce et qui produit l'effet du sacrement. Rappelons les textes de saint Isidore : « Sub tegumento corporaiium rerum virtus divina secretius salutem eorumdem sacramentorum operatur. . . Quae (sacramenta) ideo fructuose pênes Ecclesiam fiunt quia sanctus in ea manens Spiritus sanctus eumdem sacramentorum latenter operatur effectum^. » Bien plus, dans cette insistance à noter que les sacrements sont reçus fructueusement dans l'Eglise, parce que le Saint-Esprit demeure en elle, on trouvera aisément un écho de la pensée de saint Augustin, qui ne croyait pas que le baptême pût être reçu salubriter en dehors de la vraie Église, même dans le cas de bonne foi, parce que cette Eglise seule possède le Saint-Esprit et est la dispensatrice de toute grâce ^. Cette opinion allait à diminuer un peu la valeur absolue du rite. C'est sans doute pour maintenir cette valeur entière que Bède, rompant ici avec Févêque d'Hippone, enseigna au contraire que, dans le cas de bonne foi, on reçoit hors de l'Eglise fructueusement le baptême, sauf l'obligation de revenir à la vraie Église dès qu'on la connaîtra^. 11

1. s. ILDEFONSE, De cogn, bapL, CIX ; cf. Sermo ad catechumenos, ;'. P. L., XL, col. 694).

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