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LE NESTORIANISME. 35
l'homme qu'il a pris ne l'est ôtxojvuaojç qu'à cause du Fils à qui il est uni '. Et de là l'anathématisme V dans lequel Nestorius répond à celui de saint Cyrille, qui enseignait que Jésus- Christ est Fils sTç xai cpuaei : « Si quis, post assumptionem hominis naturaliter dei fîlium unum esse audet dicere, cum sit et Emmanuel, anathema sif^. »
En somme, Nestorius restait, avec plus de nuance dans la pensée et de précision dans les termes, dans la voie tracée par Théodore de Mopsueste. Nestorien, on peut dire qu'il l'est moins violemment que Théodore. Il veut conserver les façons de s'exprimer de l'Eglise; et c'est sincèrement, on doit le croire, qu'il proclame l'unité personnelle de Jésus-Christ. Mais de cette unité il n'a pas l'intelligence vraie et profonde : et, dès lors, il ne voit pas non plus les conséquences qu'il en faut tirer pour toute la doctrine de l'incarnation et du salut, non plus que les formules qui s'imposent, ce dogme une fois admis, à la langue théologique. Sa crainte de l'apollinarisme l'a fait verser dans l'erreur contraire, et l'acribie minutieuse qu'il a prétendu porter dans l'exposé de sa doctrine a rétréci son horizon au point de lui voiler la pleine vérité qu'il cherchait.
§ 3. — Le nestorianisme jusqu'au concile d'Éphèse.
On a dit plus haut que le patriarche d'Alexandrie, Cyrille, n'avait pas tardé à apprendre l'éclat de Constantinople, et les suites que lui donnait Nestorius.