Écrite en 458 ou ^ili9; inquisitio
mais il tolère, bien qu'avec répugnance, que l'on soutienne, surtout devant le for ecclésiastique, un procès nécessaire, et que Ton exerce un commerce honnête, s'il en est où l'on puisse éviter le péché. Quant aux jeunes gens qui, se trouvant en danger de mort ou devenus captifs, ont accepté la pénitence, puis qui, délivrés du péril, se sont mariés pour éviter l'incontinence, il ne voit dans leur cas qu'une faute légère sur laquelle il convient de fermer les yeux *. « In quo tamen, ajoutc-t-il, non regulam constituimus, sed quid sit tolerabilius aestimamus. » Saint Léon apercevait donc les vices du système pratiqué jusque-là, et son défaut d'adaptation aux conditions nouvelles de la vie chrétienne ; mais lié par des règles vénérables et par son respect du passé, il avait peine à passer outre.
D'autres évèques d'ailleurs étaient moins clairvoyants et plus sévères. Dans la Viennoise et la Narbonnaise, quelques rigoristes, pour empêcher qu'on ne renvoyât au moment de la mort de demander la pénitence, refusèrent de l'accorder aux mourants qui la sollicitaient. Le pape Célestin protesta au nom de la miséricorde divine et de la puissance de la grâce ''^; et saint Léon, tout en blâmant la néô'lio-ence de ces chrétiens qui retardent leur pénitence jusqu'au moment « quo vix inveniat spatium vel confessio paenitentis vel reconciliatio sacerdotis ». décida cependant qu'on ne devait leur refuser ni \ actio paenitentiae, ni la réconciliation [necsatisfactio interdicenda est nec r^econciliatio deneganda)^;ei cela même quand, les ayant demandées une première fois, ils les avaient ensuite refusées, à la suite d'une amélioration de leur état ^ Le concile
l. Cf. conc. de Tolède de 638, can. 8 (Mansi, X, 666). '2. Epist. IV, 3. La lettre est de 4-28. 3. Epist. CVUI, *, 5, écrite en 4C.-2. i. Epist. CLXVII, inquis. 9.
d'Orange de 441 donna une première satisfaction à la doctrine romaine en déclarant que l'on accorderait le viatique, mais le viatique seulement, aux moribonds qui auraient demandé la pénitence, à charge pour eux s'ils revenaient à la santé, de compléter leur expiation (can. 3). Le canon 20 des Statuta Ecclesiae antiqua^ alla plus loin, et établit qu'on leur donnerait l'absolution avant le viatique. Mais la résistance rigoriste ne fut point vaincue pour autant. Ses fauteurs discutèrent la valeur de la pénitence ainsi entreprise m extremis^ et Fauste de Riez, entre autres, déclara tout net que cette pénitence ne lui inspirait aucune confiance, qu'elle était une insulte plus qu'un hommage à Dieu, que la seule pénitence salutaire était la pénitence faite et accomplie, et non pas seulement reçue 2. L'opinion de Fauste fit scandale. Gennade se déclara contre elle -^ ; de même saint Avit de Vienne* ; saint Césaire la discuta et, tout en admettant qu'il y avait, à la mort, des pénitences fausses et inutiles, il enseigna cependant qu'il y en avait aussi de sincères et de fructueuses ^ Mais il insista sur le péril que courait le pécheur, en renvoyant sa pénitence au dernier moment, de n'avoir ni le temps ni la possibilité de se convertir, et de périr misérablement. C'est un thème qu'il a souvent repris, preuve que sa parole ne trouvait pas tout l'écho qu'il aurait voulu ^. Contre la pénitence plénière, telle qu'elle était pratiquée, on élevait toujours la difficulté de l'accomplir, les suites qu'elle entraînait, et aussi sans doute l'impossibilité de la renouveler en cas de re-