‹ Histoire des dogmesChapitre 324 sur 426 · Prognost., II · texte numérisé non relu

Prognost., II

sans avoir fait pénitence de leurs peccata capitalia. L'erreur des miséricordieux est nettement repoussée. Ni la foi, ni le baptême ne suffisent au salut : il y faut la faite du péché et les bonnes œuvres^. Les pécheurs obstinés sont donc, immédiatement après leur mort, précipités en enfer 2, pour y endurer des tourments inouïs. Nos auteurs ne tarissent pas sur la rigueur de ces tourments : « Mentem urit tristitia et corpus flamma^. » Les damnés endurent la faim, la soif; ils ne sont l'objet d'aucune pitié de la part des élus"^: mais surtout ils sont dévorés par le feu, feu matériel qui n'a pas besoin d'aliment pour brûler toujours, et qui torture les âmes spirituelles aussi bien que les démons^. Leurs supplices sont gradués sans doute et proportionnés à la culpabilité de chacun : « Impios dispar poena constringit ^ » ; ils offrent toutefois ce caractère commun d'être éternels. C'est une vérité qui rencontrait encore des contradicteurs, même après le plaidoyer de saint Augustin '^j mais que l'Eglise, par ses docteurs, ne se lassait pas d'inculquer en termes saisissants. Saint Fulgence : « In retributione, (reprobi) nec immortales nec incorruptibiles erunt ; sed corrumpentur, nec consumentur ; morientur, non exstinguentur... Ibi mors animae corporisque nonmoritur, quia cruciatus corporis et animae non finitur ^. »

1. Facste, Episf. V (p. 184) ; S. Fllgenge, De re7niss. peccat., U, 43 : S. GrégoihFm In Ezechiel., I, homil. IX, 4; Epist, VU. 15: S. Cfs.vire, Homil. XVI f, col. 1080.

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